Je n’ai pas de parcours universitaire classique, je suis autodidacte. Je suis devenu critique du néolibéralisme, de ses effets économiques, sociaux et culturels. Mes références actuelles sont Emmanuel Todd, René Girard, Jean-Claude Michéa, Dany-Robert Dufour, Bernard Friot, Frédéric Lordon, David Cayla, Coralie Delaume, David Graeber, Michel Feher, Naomi Klein...
Derrière les promesses des gourous de la Silicon Valley se cache peut-être la plus grande menace civilisationnelle du XXIe siècle. Sous prétexte de rester compétitifs face à l’intelligence artificielle, on nous prépare à transformer l’être humain en simple terminal informatique relié aux machines.
Avec le projet Neuralink et le projet de puçage cérébral, le transhumanisme vendu comme progrès est l'acte de naissance du techno-fascisme. Dans ce modèle, le corps et le cerveau cessent d’être inviolables : ils deviennent des plateformes pilotées par des algorithmes. Si une entreprise possède l'interface qui génère vos pensées ou vos actions, elle possède votre identité. La liberté de conscience — socle de toute démocratie — disparaît au profit d'une hiérarchie biologique dictée par le marché et la technologie.
Le totalitarisme du XXe siècle cherchait à contrôler les corps et les paroles. Le totalitarisme technologique de demain pourrait chercher à contrôler directement les pensées, les émotions et les réflexes cognitifs. Cette technologie, en plus d'imposer une surveillance de l'esprit, risque d'instaurer une ségrégation entre humains augmentés et « obsolètes ».
Comme le démontre Asma Mhalla dans son ouvrage Cyberpunk, nous assistons à l'émergence d'une puissance technologique qui ne s'arrête plus aux frontières des États, mais pénètre l'intime : « Neuralink explore une frontière intérieure. L’esprit et le corps deviennent un nouvel espace d’exploration et de domination par l’interface homme-machine. »[1]
Il est temps de porter le regard sur la menace réelle : le véritable Grand Remplacement n'est pas celui, fantasmé, de Renaud Camus, d'une couleur de peau par une autre ou d'une ethnie par une autre[2]. C'est le remplacement de l'humanité biologique, libre et imprévisible, par la machine et le silicium.
C'est l'effacement de l'Homme — blanc, noir ou arabe — au profit d'un organisme hybride sous contrôle numérique. Le danger n'est pas l'autre, c'est l'outil qui veut nous dévorer de l'intérieur. C'est L'AVENIR QUI NOUS ATTEND si la vision du monde de la Silicon Valley s'impose.
Nicolas Maxime