Je n’ai pas de parcours universitaire classique, je suis autodidacte. Je suis devenu critique du néolibéralisme, de ses effets économiques, sociaux et culturels. Mes références actuelles sont Emmanuel Todd, René Girard, Jean-Claude Michéa, Dany-Robert Dufour, Bernard Friot, Frédéric Lordon, David Cayla, Coralie Delaume, David Graeber, Michel Feher, Naomi Klein...
Faut arrêter deux minutes avec l'exemple du petit propriétaire qui aurait économisé toute sa vie pour s'acheter un logement et se ferait spolier son bien par un locataire ne payant plus son loyer et restant dans le logement durant des années. Dans la réalité, ce genre de situation est rarissime. Il est d’ailleurs possible de se rendre à une réunion CCAPEX où sont évoquées les situations de loyers impayés et de risques d'expulsion[1] : la majorité des situations concernent des locataires qui ont dû faire face à des baisses de revenus, des dettes, des faillites personnelles.
Ensuite, les ménages propriétaires d’au moins 5 logements représentent 3,5 % des ménages, mais détiennent 50 % des logements en location possédés par des particuliers[2]. On comprend très vite que l'investissement locatif assure une rente à ses possédants et qu'il y a très peu de petits propriétaires qui louent des logements sur le marché.
Voici trois situations rencontrées par des travailleurs sociaux :
Il serait possible de citer des milliers de situations similaires. Les cas de personnes malhonnêtes existent mais demeurent rarissimes. Alors pourquoi faire une loi concernant les loyers impayés si celle-ci concerne une centaine de situations par an ? Parce qu'elle s'étendra à toutes les situations de loyers impayés, permettant ainsi d'accélérer les procédures d'expulsion, quelle que soit la situation exposée ou les difficultés rencontrées.
Nicolas Maxime
[1] CCAPEX : créée par la loi du 25 mars 2009 (loi MOLLE) et renforcée par la loi ALUR du 24 mars 2014, elle est intégrée au Plan départemental d’action pour le logement et l’hébergement des personnes défavorisées (PDALHPD). Ses modalités de fonctionnement sont précisées par divers décrets et circulaires, et ses missions sont mises en œuvre au niveau départemental sous l’autorité du préfet, en lien avec les conseils départementaux, la CAF, les bailleurs et les associations spécialisées (sources : services de l’État – préfectures, DDETS, textes législatifs en vigueur).
[2] INSEE, France, portrait social, édition 2021, 25 novembre 2021.
[3] Le Droit au logement opposable (DALO) est instauré par la loi n°2007-290 du 5 mars 2007, dite loi DALO. Il garantit un droit au logement pour les personnes ne pouvant accéder à un logement décent par leurs propres moyens. La mise en œuvre repose sur les commissions de médiation départementales, qui reconnaissent les demandeurs prioritaires et transmettent les décisions au préfet, chargé de proposer un logement dans des délais encadrés.