Je n’ai pas de parcours universitaire classique, je suis autodidacte. Je suis devenu critique du néolibéralisme, de ses effets économiques, sociaux et culturels. Mes références actuelles sont Emmanuel Todd, René Girard, Jean-Claude Michéa, Dany-Robert Dufour, Bernard Friot, Frédéric Lordon, David Cayla, Coralie Delaume, David Graeber, Michel Feher, Naomi Klein...
Lors de son déplacement aux États-Unis, Emmanuel Macron s’est adressé à Joe Biden pour dénoncer le protectionnisme américain et l’inviter à respecter les principes du libre-échange et de l’économie mondialisée[1]. Cette démarche soulève toutefois une contradiction majeure.
En effet, rien n’empêcherait la France d’adopter une posture similaire, alors même que le discours présidentiel, durant la pandémie, insistait fortement sur la nécessité de renforcer la souveraineté industrielle nationale. Les États-Unis, de leur côté, assument une politique visant prioritairement à défendre leurs intérêts économiques. Ce choix n’exclut d’ailleurs pas les échanges commerciaux internationaux : un certain degré de protectionnisme peut coexister avec le commerce mondial.
La question centrale réside donc moins dans la critique adressée à Washington que dans la capacité de la France à agir dans le cadre qui est le sien. Plutôt que de dénoncer les choix américains, une autre option consisterait à porter le débat au niveau européen. Cela impliquerait d’interpeller Ursula von der Leyen ainsi que le Conseil européen afin de demander une évolution des règles de l’Union européenne, dans l’objectif de mieux prendre en compte les intérêts industriels et économiques des États membres.
Cette séquence met ainsi en lumière une tension récurrente entre discours sur la souveraineté, contraintes européennes et réalités de la mondialisation, ainsi que les marges de manœuvre — politiques et institutionnelles — dont disposent les États pour défendre leurs intérêts économiques.
Nicolas Maxime
[1] Le Inflation Reduction Act (IRA) est une loi américaine signée en août 2022 qui prévoit notamment de généreuses subventions fiscales pour l’industrie verte américaine, ce que plusieurs dirigeants européens, dont Macron, ont qualifié de dispositions « super agressives » et susceptibles de fragmenter les échanges transatlantiques.