Je n’ai pas de parcours universitaire classique, je suis autodidacte. Je suis devenu critique du néolibéralisme, de ses effets économiques, sociaux et culturels. Mes références actuelles sont Emmanuel Todd, René Girard, Jean-Claude Michéa, Dany-Robert Dufour, Bernard Friot, Frédéric Lordon, David Cayla, Coralie Delaume, David Graeber, Michel Feher, Naomi Klein...
Les plus grands perdants de ces élections européennes sont incontestablement Les Républicains, La France insoumise et Benoît Hamon.
Pour Les Républicains, c'est la débandade. Longtemps principal parti de la droite de gouvernement, il traverse une crise profonde. La droite de ces dernières années a perdu son identité. Elle est devenue soit juppéiste, c'est-à-dire proche du macronisme sur le plan économique et européen, soit filloniste et ultra-libérale, avec comme point commun la réduction des dépenses publiques comme principal horizon politique. Laurent Wauquiez incarne cette évolution sans être parvenu à proposer un véritable projet pour la France. Il est grand temps pour la droite de tourner cette page et de retrouver un projet à la fois social et républicain si elle aspire à ne pas être absorbée par La République en marche ou le Rassemblement national, autrement dit à redevenir gaulliste plutôt que blairiste ou thatchérienne. Jacques Chirac résumait cette idée par une formule restée célèbre : « La droite, c'est De Gaulle, pas Thatcher. »[1]
Pour La France insoumise, le résultat est également décevant. Beaucoup de ses idées économiques, écologiques et sociales sont pourtant pertinentes et trouvent un écho dans une partie de l'opinion. Mais ses principaux dirigeants ont choisi de s'installer dans une stratégie de confrontation permanente, en étant souvent davantage dans l'opposition que dans la mise en avant de leurs propositions. À cela se sont ajoutés les polémiques internes, les départs de plusieurs responsables et les tensions au sein du mouvement. Un renouvellement de son fonctionnement et de son incarnation apparaît désormais nécessaire pour retrouver une dynamique.
Quant à Benoît Hamon, il confirme son mauvais score de l'élection présidentielle de 2017 et réalise un résultat encore plus faible[2]. Son mouvement ne parvient pas à s'imposer. Son idée du revenu universel a souvent été caricaturée, mais elle a également été insuffisamment expliquée auprès des électeurs. Cette nouvelle défaite pose la question de l'avenir de son mouvement et renforce l'idée qu'un rapprochement entre les différentes sensibilités de la gauche sociale et écologiste devient de plus en plus indispensable.
Au-delà de ces résultats[3], ce scrutin confirme surtout la recomposition du paysage politique français. Les partis traditionnels continuent de s'affaiblir tandis que de nouvelles forces s'installent durablement. Les élections européennes de 2019 marquent ainsi une nouvelle étape dans la transformation de la vie politique française.
Nicolas Maxime
[1] Citation fréquemment attribuée à Jacques Chirac, sans source primaire vérifiable. Aucune trace n'a été retrouvée dans les discours, interviews ou archives officielles disponibles.
[2] Ministère de l'Intérieur, Résultats de l'élection présidentielle des 23 avril et 7 mai 2017. Au premier tour, Benoît Hamon obtient 2 291 288 voix, soit 6,36 % des suffrages exprimés, arrivant en cinquième position ; Résultats des élections européennes de 2019. La liste Envie d'Europe écologique et sociale, soutenue notamment par Génération.s de Benoît Hamon, obtient 3,27 % des suffrages exprimés et n'obtient aucun élu au Parlement européen.
[3] Ministère de l'Intérieur, Résultats des élections européennes de 2019.