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Je n’ai pas de parcours universitaire classique, je suis autodidacte. Je suis devenu critique du néolibéralisme, de ses effets économiques, sociaux et culturels. Mes références actuelles sont Emmanuel Todd, René Girard, Jean-Claude Michéa, Dany-Robert Dufour, Bernard Friot, Frédéric Lordon, David Cayla, Coralie Delaume, David Graeber, Michel Feher, Naomi Klein...

Europe : le désespoir de la jeunesse

Un peu partout, en Europe, le mouvement lycéen et étudiant s'est propagé : en Italie, en Belgique, au Portugal. Les revendications se regroupent, même si elles sont propres aux difficultés rencontrées par la jeunesse et les classes populaires dans chaque pays : hausse des loyers à Porto, précarité étudiante et austérité budgétaire à Bruxelles, baisse du pouvoir d'achat et effondrement des services publics à Milan et Bologne.

​Il s'agit dans l'ensemble d’une génération scolarisée, d’étudiants précaires et de jeunes militants poussés à bout par la crise sociale.

​Et comme en France, on a assisté à des scènes de violences urbaines et de pillage d'une rare ampleur. ​Le fantasme identitaire propagé par l'extrême droite — qui cherche à tout prix à imputer le chaos à l'immigration ou à l'islam — s'effondre face à la réalité des faits. Car en Italie, par exemple, l'immense majorité des personnes interpellées pour des actes de vandalisme et de pillage sont des jeunes locaux, blancs, souvent issus des marges de la société italienne. Il est assez ironique et amusant de constater que l'égérie des droitards, Giorgia Meloni, portée aux nues comme le modèle de la fermeté sécuritaire, se trouve ainsi en difficulté pour assurer la sûreté de ses propres centres-villes.

Quant au profil type des émeutiers, ​ce sont des jeunes désaffiliés sans espoir et sans avenir, une forme de lumpenprolétariat bercé par le nihilisme qui reflète notre monde néolibéral[1], matérialiste et individualiste, désormais coupé de toutes formes de croyances collectives et de projets politiques.

​Ce qui se passe en Europe montre que les émeutes urbaines ne sont que le résultat du désespoir d'une jeunesse désœuvrée et abandonnée face à l'effondrement de ses conditions de vie et au vide existentiel de notre époque, symptôme de l'effondrement civilisationnel d'un Occident en pleine décomposition intérieure.

 

Nicolas Maxime


[1] Marx parle du lumpenprolétariat comme d’une fraction de la société qui est « politiquement instable » et qui peut être mobilisée par les classes dominantes contre le prolétariat.

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