Je n’ai pas de parcours universitaire classique, je suis autodidacte. Je suis devenu critique du néolibéralisme, de ses effets économiques, sociaux et culturels. Mes références actuelles sont Emmanuel Todd, René Girard, Jean-Claude Michéa, Dany-Robert Dufour, Bernard Friot, Frédéric Lordon, David Cayla, Coralie Delaume, David Graeber, Michel Feher, Naomi Klein...
À la suite des événements survenus les 17 et 18 octobre : bâtiments publics incendiés, scènes de pillage, attaques de magasins de luxe et de magasins de sport, la droite et l'extrême droite exploitent ce chaos pour pousser le curseur vers toujours plus de surenchère sécuritaire. Certains, comme Tatiana Ventôse, appellent déjà à « décoloniser » la France et à instaurer des mesures d'exception — déchéance de nationalité, milices privées, recours à des tribunaux militaires et rétablissement du bagne —, ce qui marquerait une rupture totale avec l'État de droit et les principes constitutionnels de notre République.
Sur le plan judiciaire, la réponse pénale ne s'est pas fait attendre avec des vagues d'incarcérations, des mandats de dépôt étant ainsi délivrés à la chaîne envers des jeunes gens au casier judiciaire parfois totalement inexistant.
Parallèlement, le gouvernement souhaite accélérer sa loi « casseur-payeur »[1]. L'objectif d'imposer des prélèvements directs sur les prestations sociales des parents de mineurs impliqués ne résoudra rien : cette mesure punitive n'aura aucun des effets dissuasifs recherchés, mis à part d'enfoncer encore un peu plus des familles déjà vulnérables dans la grande pauvreté, au nom d'une soi-disant responsabilité collective.
On peut également se poser des questions sur la stratégie même du maintien de l'ordre : pourquoi les forces de l'ordre se montrent-elles particulièrement virulentes envers les manifestants les plus pacifiques, tout en restant étrangement passives face aux casseurs et aux pilleurs ?
Une ingérence idéologique venue de l'extérieur s'y ajoute, puisque dans un tweet publié le 18 octobre 2026, le président salvadorien Nayib Bukele déclarait :
« J'ai entendu dire que la France était finie, qu'il était trop tard pour la sauver. Mais la France est toujours aussi belle, enviable même. Sa grandeur n'a pas disparu, elle ne demande qu'à renaître. Nous avons surmonté en un an un problème cent fois plus grave, sans avoir les moyens dont dispose la France. La France pourrait y arriver en une semaine. »[2]
Contrairement à ce que s'imaginent les idiots utiles de gauche qui voient dans ces scènes de destruction et de pillage le début d'une Révolution, c'est au contraire une violente réaction politique qui se prépare. Et elle sera appuyée majoritairement par le reste de la population qui, sous le coup de l'émotion et excédée de devoir une fois de plus payer la note des dégâts occasionnés, réclame le retour à l'ordre, quelles qu'en soient les conséquences démocratiques ! Et ces violences ont aussi pour effet de délégitimer toute forme de contestation sociale et de faire passer au second plan les revendications des manifestants pour le pouvoir d'achat et les services publics.
Un double dynamique de bukélisation et de miléisation du pouvoir s'annonce ainsi, associant la répression policière salvadorienne à l'austérité ultralibérale mise en œuvre par Javier Milei en Argentine. Ce désordre, causé par les agissements d'une jeunesse désaffiliée et/ou tombée dans la délinquance, devient l'élément parfait de la stratégie de surenchère sécuritaire du gouvernement et des réactionnaires, offrant sur un plateau le prétexte rêvé pour imposer un libertarianisme autoritaire.
Nicolas Maxime