Je n’ai pas de parcours universitaire classique, je suis autodidacte. Je suis devenu critique du néolibéralisme, de ses effets économiques, sociaux et culturels. Mes références actuelles sont Emmanuel Todd, René Girard, Jean-Claude Michéa, Dany-Robert Dufour, Bernard Friot, Frédéric Lordon, David Cayla, Coralie Delaume, David Graeber, Michel Feher, Naomi Klein...
La souveraineté d’un État s’exerce au minimum dans les domaines suivants :
En exerçant sa souveraineté, la puissance publique permet la mise en place de l’État de droit, dans lequel chaque citoyen lambda est soumis aux mêmes règles juridiques.
Si la défense échoue toujours en grande partie aux forces armées — quoique même ce domaine commence à être délégué à des entreprises privées — on s’aperçoit que les autres domaines régaliens sont de plus en plus soumis à des intérêts privés :
Dans ce cas, la plus grande menace vient des marchés financiers et des multinationales qui à terme vont remplacer les États et donc l’Etat de droit afin d’imposer leurs propres législations. Le livre de Alain Damasio « Les Furtifs », sorti récemment dans les librairies, présente une techno dictature dans laquelle les villes sont désormais rachetées par des multinationales, les citoyens contrôlés, notés et n’ayant plus accès à une partie de la ville sans payer un forfait[2].
Nous passerions d’un système néolibéral à un système néoféodal où de nouveaux fiefs « numériques » se constitueront, les États et leurs citoyens deviendront des vassaux qui devront remplir des obligations et des services envers leurs nouveaux seigneurs. On en est encore loin mais au train où on va, il faudra se poser la question de réguler les marchés financiers et de limiter le pouvoir de ces multinationales et en particulier des GAFAM afin de restaurer la souveraineté nationale et ainsi l’Etat de droit.
Nicolas Maxime
[1] Par exemple, la privatisation du contrôle du stationnement en France, rendue possible par la loi n° 2014‑581 (MAPTAM), a permis aux collectivités territoriales de déléguer à des sociétés privées la gestion des forfaits de post‑stationnement (anciennement amendes), comme c’est le cas à Paris avec des entreprises telles que Streeteo ou Moovia. De même, dans le secteur des transports publics, des agents de sécurité privés sont employés pour des missions de surveillance, et le débat législatif sur la sécurité des transports illustre l’extension de ces pratiques au cœur des services de sûreté.
[2] Alain Damasio, Les Furtifs, La Volte, 2019.