Je n’ai pas de parcours universitaire classique, je suis autodidacte. Je suis devenu critique du néolibéralisme, de ses effets économiques, sociaux et culturels. Mes références actuelles sont Emmanuel Todd, René Girard, Jean-Claude Michéa, Dany-Robert Dufour, Bernard Friot, Frédéric Lordon, David Cayla, Coralie Delaume, David Graeber, Michel Feher, Naomi Klein...
François Ruffin défend le droit au bonheur, notamment à travers sa proposition de loi visant à faciliter l’accès aux vacances pour toutes et tous[1]. Aujourd’hui, près de 40 % des Français ne partent pas en vacances chaque année, faute de revenus suffisants ; cela concerne environ 3 millions d’enfants[2]. Cette réalité touche avant tout les classes populaires, y compris celles et ceux qui travaillent mais n’arrivent pas à mettre de côté chaque mois pour partir quelques jours à la mer, à la montagne, en camping ou à l’hôtel.
La proposition de loi portée par François Ruffin comprend plusieurs mesures concrètes :
– la baisse du prix des transports, avec notamment des trains à 1 euro ;
– la gratuité des péages d’autoroute ;
– le renforcement et l’élargissement du chèque-vacances ;
– la création d’un pass “colo-verte” afin d’offrir des séjours nature aux enfants.
L’objectif affiché est clair : permettre à plus de 80 % de la population de partir en vacances. Il s’agit également de défendre une logique d’universalité, en évitant de conditionner l’accès aux vacances aux ressources, au risque de créer de nouvelles usines à gaz administratives. L’histoire sociale française montre que les grandes conquêtes — l’école gratuite, la Sécurité sociale, la retraite par répartition — reposent précisément sur ce principe : des droits ouverts à toutes et tous, riches ou pauvres, financés par la cotisation selon les revenus et distribués selon les besoins.
Dans le même esprit que les vacances pour tous, il serait possible d’aller plus loin :
– mettre en place une garantie d’emploi, permettant à chaque chômeur de retrouver un CDI rémunéré au SMIC autour de missions d’intérêt général ;
– garantir un logement à toute personne qui en a besoin, indépendamment de son niveau de revenus ou de sa situation sociale ;
– instaurer une Sécurité sociale de l’alimentation, afin de garantir à chacun un accès réel à une alimentation choisie, saine et de qualité.
Oui, il est possible — à gauche, mais aussi au centre ou à droite si certains souhaitent s’y associer — de restaurer un horizon commun, juste et égalitaire, dans l’esprit du Conseil national de la Résistance et de ses jours heureux[3]. Il en va de la cohésion sociale, de la dignité humaine et de l’avenir des classes populaires.
Nicolas Maxime
[1] En 2023, François Ruffin a défendu l’idée d’un « droit au bonheur » à travers une proposition de loi déposée à l’Assemblée nationale visant à garantir l’accès aux vacances pour toutes et tous, considérant le départ en vacances comme un enjeu d’égalité sociale et de politique publique (La Dépêche, 18 juin 2023).
[2] UNAT, Plaidoyer pour l’accès aux vacances ; Secours populaire français, campagne « Journée des oubliés des vacances », données nationales sur le non-départ en vacances.
[3] Conseil national de la Résistance, Programme d’action du CNR, 15 mars 1944.