Je n’ai pas de parcours universitaire classique, je suis autodidacte. Je suis devenu critique du néolibéralisme, de ses effets économiques, sociaux et culturels. Mes références actuelles sont Emmanuel Todd, René Girard, Jean-Claude Michéa, Dany-Robert Dufour, Bernard Friot, Frédéric Lordon, David Cayla, Coralie Delaume, David Graeber, Michel Feher, Naomi Klein...
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Gabriel Attal : quand des jeunes l'imaginaient futur président en 2011 | INA Politique
Abonnez-vous http://bit.ly/inapolitique Un monde six jeunes | France 2 | 04/10/2011 En 2011, dans l'émission " Un monde six jeunes " présentée par Bruce Toussaint, six jeunes Français débattai...
Gabriel Attal Premier ministre. Qu’est-ce que cela changera concrètement ? Rien.
Il ne fera rien face à la crise du logement, qui ne cesse de s’aggraver, avec un nombre record de personnes sans abri et une part croissante de logements détournés de l’habitat résidentiel au profit de plateformes de location de courte durée comme Airbnb. Les annonces de régulation resteront marginales, tandis que la spéculation immobilière continuera de prospérer.
Il ne fera rien pour sauver l’École, l’hôpital public ou la protection de l’enfance, tous au bord du gouffre. Les personnels sont épuisés, en sous-effectif chronique, confrontés à une dégradation continue des conditions de travail et à une perte de sens profonde. Les réformes managériales se succèdent sans jamais traiter les causes structurelles.
Il ne fera rien pour empêcher les délocalisations ni pour améliorer durablement la situation des agriculteurs, pris en étau entre les prix imposés par la grande distribution, la concurrence internationale et les contraintes européennes, sans remise en cause du cadre néolibéral qui organise leur appauvrissement.
Il ne fera rien non plus pour lutter contre l’évasion fiscale, laissant les seigneurs de l’aristocratie financière s’enrichir toujours davantage au détriment des contribuables. Les dispositifs existants resteront symboliques, tandis que les grandes fortunes et les multinationales continueront de contourner l’impôt.
Enfin, il ne fera rien pour mettre en œuvre une transition écologique à la hauteur des enjeux, pourtant vitale pour l’avenir. Sans planification, sans investissements massifs, sans rupture avec les logiques de marché, l’écologie restera un slogan.
Gabriel Attal ne fera donc rien d’autre que des effets d’annonce, en appliquant scrupuleusement la ligne directrice du macronisme : mettre en œuvre la politique souhaitée par l’Union européenne et par les marchés financiers, sans jamais les remettre en cause.
Dès lors, le véritable enjeu n’est plus tant l’action gouvernementale que la succession. La question centrale devient : qui est le favori de la classe bourgeoise pour 2027 ? En nommant Gabriel Attal à Matignon, Emmanuel Macron a déjà largement désigné celui qu’il voit comme son héritier politique.
Le plus troublant est que tout semble avoir été écrit depuis longtemps. Il suffit de revoir certaines archives de 2011, où le jeune Attal, alors étudiant à l’Institut d'études politiques de Paris, était déjà présenté par ses camarades comme un futur président de la République[1]. Comme si, bien avant le suffrage, les dés avaient été jetés.
Nicolas Maxime
[1] INA, Gabriel Attal : quand des jeunes l’imaginaient futur président en 2011, https://www.youtube.com/watch?v=faGnnBUbCDo.