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Je n’ai pas de parcours universitaire classique, je suis autodidacte. Je suis devenu critique du néolibéralisme, de ses effets économiques, sociaux et culturels. Mes références actuelles sont Emmanuel Todd, René Girard, Jean-Claude Michéa, Dany-Robert Dufour, Bernard Friot, Frédéric Lordon, David Cayla, Coralie Delaume, David Graeber, Michel Feher, Naomi Klein...

« Bloquons tout » : un Peuple debout qui refuse la résignation

Le mouvement du 10 septembre, « Bloquons tout », s’inscrit dans la continuité des grandes mobilisations populaires récentes : les Gilets jaunes, le Convoi de la liberté et d’autres mouvements qui ont émergé en marge des corps intermédiaires traditionnels et en opposition aux syndicats. Comme les précédents mouvements, il se caractérise par une structuration horizontale, refusant toute hiérarchie verticale et privilégiant l’auto-organisation.

Les revendications du mouvement portent sur un réinvestissement massif dans les services publics, notamment dans la santé et l’éducation, l'arrêt des suppressions de postes, le maintien des jours fériés, la revalorisation des salaires et des retraites, et l’indexation des minimas sociaux sur le coût réel de la vie. Ce qui est exprimé par les organisateurs est un besoin de solidarité, une exigence de justice sociale et un attachement profond au modèle social français.

Déjà, la droite redoute les violences et refuse de se rallier à ce mouvement de peur de ne plus être crédible politiquement avec leurs velléités austéritaires qui sont contraires aux revendications de ce mouvement.

La gauche, elle, tente de se rallier et de récupérer le mouvement tout en étant également sceptique alors que certains d'entre eux estiment déjà que « Bloquons tout » est populiste.

Mais lorsqu’un peuple est en colère face à l’injustice, il ne se soucie plus de ces calculs politiques. Depuis l’arrivée d’Emmanuel Macron à l’Élysée, les politiques néolibérales n’ont cessé de fragiliser les classes populaires et moyennes, approfondissant les fractures sociales, territoriales et générationnelles. Non seulement la situation s’est empirée, mais cela a nourri un sentiment croissant d’abandon et de mépris de la part d'une majeure partie de la population, ayant pour conséquences la montée de l'abstention et du vote Rassemblement national.

Il ne reste donc que la mobilisation. Lorsque toutes les voies institutionnelles semblent bloquées et que la représentation politique échoue à répondre aux besoins essentiels exprimés par la majorité des Français, le peuple n'a plus d’autre solution que de descendre dans la rue pour faire entendre sa voix. On pourra penser que « Bloquons tout » n'aura probablement aucun effet. C'est probable. Mais il faut surtout le voir comme la volonté d'un peuple de rester debout et de refuser de sombrer dans la résignation.

 

Nicolas Maxime

 
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