Je n’ai pas de parcours universitaire classique, je suis autodidacte. Je suis devenu critique du néolibéralisme, de ses effets économiques, sociaux et culturels. Mes références actuelles sont Emmanuel Todd, René Girard, Jean-Claude Michéa, Dany-Robert Dufour, Bernard Friot, Frédéric Lordon, David Cayla, Coralie Delaume, David Graeber, Michel Feher, Naomi Klein...
Ces dernières années, aux États-Unis, les militants progressistes ont souvent été présentés comme des personnes ayant sombré dans l’intolérance. Ils ont ainsi fait usage de méthodes de boycott, de mise à l’index ou d’« annulation » visant des personnalités politiques de droite, mais aussi des artistes soupçonnés de tenir des propos ou de véhiculer des œuvres jugées racistes, homophobes ou sexistes. C’est ce qu’on a appelé la cancel culture.
Depuis la réélection de Trump, on s’aperçoit que l’ostracisme et la censure morale ne sont plus l’apanage d’un camp. À travers le cas de Jimmy Kimmel, animateur dont l’émission a été suspendue pour avoir ironisé sur la récupération politique de l’assassinat de Charlie Kirk, ou les réactions politiques après la mort de Charlie Kirk — pressions économiques, licenciements —, on observe une inversion mimétique à droite. La droite, après avoir dénoncé la cancel culture à gauche, a fini par en adopter les méthodes : censures, campagnes d’indignation, discours victimaire et dénonciation du camp opposé comme étant celui du « mal ».
Au fond, qu’il s’agisse de la gauche ou de la droite, cette volonté inquisitoriale de faire taire l’autre nous conduit à une polarisation extrême. Déjà, les soutiens de Jimmy Kimmel appellent à boycotter Disney.
Le mimétisme transforme la rivalité en un face-à-face symétrique où chacun emprunte à l’autre ses armes et ses méthodes. Ainsi, progressistes et réactionnaires ne s’opposent pas tant qu’ils ne se reflètent parce qu'ils se nourrissent mutuellement et s’accusent des mêmes travers. Dans ce mimétisme, la politique cesse d’être un débat d’idées pour devenir une mécanique de violence symbolique, où l’objectif n’est plus de convaincre mais d’anéantir l’autre, ouvrant la voie à un conflit généralisé.
Nicolas Maxime