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Je n’ai pas de parcours universitaire classique, je suis autodidacte. Je suis devenu critique du néolibéralisme, de ses effets économiques, sociaux et culturels. Mes références actuelles sont Emmanuel Todd, René Girard, Jean-Claude Michéa, Dany-Robert Dufour, Bernard Friot, Frédéric Lordon, David Cayla, Coralie Delaume, David Graeber, Michel Feher, Naomi Klein...

Le problème n'est pas la dette publique mais la dépendance aux marchés financiers

Contrairement à ce qu'affirme François Lenglet qui alerte sur le poids de la dette publique en raison de dépenses incontrôlées, la dette n’est pas en soi un problème économique insurmontable. Contrairement à un ménage ou à une entreprise, un État souverain ne peut pas faire faillite dans sa propre devise. Il n’y a donc aucun problème de solvabilité tant que nous maîtrisons notre politique monétaire et budgétaire. Certes, il peut y avoir un enjeu de soutenabilité si la charge de la dette devient trop lourde à supporter pour les finances publiques, mais ce n’est pas le cas actuellement : les taux d’intérêt restent relativement contenus et, malgré leur récente hausse, la dette demeure parfaitement gérable.

Donc, ce n’est pas la dette publique le problème en soi, mais le monopole de l’endettement auprès des marchés financiers. Aujourd’hui, l’État finance son déficit en empruntant exclusivement sur ces marchés, ce qui enrichit les investisseurs qui détiennent cette dette, qu’ils soient français ou étrangers. Ces derniers perçoivent des intérêts, accroissant leur patrimoine sans effort, creusant ainsi les inégalités. Ce mécanisme transfère les richesses des contribuables vers une minorité possédante, perpétuant une logique de rente nuisible à l’économie réelle.

Il n’en a pourtant pas toujours été ainsi. Jusqu’aux années 1970, le circuit du Trésor, créé après-guerre par François Bloch Lainé, permettait à l’État de se financer hors des marchés financiers, grâce à une création monétaire maîtrisée, en circuit fermé. Cela empêchait la spéculation sur la dette publique et garantissait un financement à coût nul ou très faible pour les investissements publics. Un retour à ce système nécessiterait de rétablir la possibilité pour l’État d’emprunter directement auprès de la Banque de France, ce qui implique nécessairement une sortie de l’euro. En effet, tant que nous restons soumis aux règles de la BCE et aux traités européens, cette option est interdite et nous restons à la merci des marchés financiers.

Ainsi, plutôt que de céder aux discours alarmistes sur la dette publique, nous devrions nous interroger sur qui profite réellement de ce système et comment nous pourrions rétablir un circuit de financement souverain et juste. La souveraineté monétaire est la condition sine qua non pour sortir de cette dépendance aux marchés et remettre la création monétaire au service des citoyens.

 

Nicolas Maxime

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