Je n’ai pas de parcours universitaire classique, je suis autodidacte. Je suis devenu critique du néolibéralisme, de ses effets économiques, sociaux et culturels. Mes références actuelles sont Emmanuel Todd, René Girard, Jean-Claude Michéa, Dany-Robert Dufour, Bernard Friot, Frédéric Lordon, David Cayla, Coralie Delaume, David Graeber, Michel Feher, Naomi Klein...
Les macronistes et les bardellistes ont exactement le même raisonnement. C’est assez simple à démontrer.
Dans un premier cas, Emmanuel Macron a mis en œuvre le conditionnement du RSA à des activités professionnelles.
Dans un second cas, Jordan Bardella, lui-même favorable à un RSA sous conditions, souhaite conditionner l’accès au séjour des étrangers à un emploi.
C’est exactement la même logique qui sous-tend les deux mesures, mais le bouc-émissaire change : on passe du pauvre pour Renaissance au migrant pour le Rassemblement national.
C’est la synthèse qu’Emmanuel Todd appelle le « macro-lepénisme »[1].
Depuis longtemps, le RN s’est affiché européiste, ayant renoncé à toute remise en question du cadre européen. Depuis longtemps, il défend une politique économique d’inspiration néolibérale : exonération d’impôt sur le revenu pour les jeunes de moins de 30 ans, allègement des cotisations patronales, baisse des impôts de production, privatisation de l’audiovisuel public… Depuis longtemps, le RN s’est normalisé afin d’exercer le pouvoir, affichant désormais un « sérieux » budgétaire et renonçant à ses dernières « fausses promesses » sociales, comme l’abrogation de la réforme des retraites. Ses cadres annoncent déjà la couleur en évoquant la dette publique comme prétexte.
Il n’y aura aucune différence entre Renaissance et le Rassemblement national, à l’exception du fait que le RN est la version identitaire de son faux frère jumeau.
Nicolas Maxime
[1] Emmanuel Todd, La lutte des classes au XXIème siècle, Seuil, 2019.