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Je n’ai pas de parcours universitaire classique, je suis autodidacte. Je suis devenu critique du néolibéralisme, de ses effets économiques, sociaux et culturels. Mes références actuelles sont Emmanuel Todd, René Girard, Jean-Claude Michéa, Dany-Robert Dufour, Bernard Friot, Frédéric Lordon, David Cayla, Coralie Delaume, David Graeber, Michel Feher, Naomi Klein...

Scolies sur le capitalisme

1) Le capitalisme se dirige vers sa phase terminale : la baisse tendancielle du taux de profit, les successions de crises financières, sociales et sanitaires, ainsi que la raréfaction des énergies fossiles et des matières premières semblent indiquer une sortie de route de ce système économique. Le capitalisme gaullo-national et la social-démocratie verte sont autant d’alternatives vouées à l’échec, puisqu’elles demeurent dépendantes de la croissance. Il n’y a que les naïfs ou les ignorants qui peuvent croire à un capitalisme « moral ». Il ne reste plus qu’à choisir entre le libertarianisme identitaire autoritaire et l’éco-socialisme.

2) Cette sortie du capitalisme ne peut qu’être accompagnée, a minima, d’une sortie des traités européens et de l’euro, voire d’envisager une dissolution de l’Union européenne, dont les institutions — Commission européenne et Banque centrale européenne — agissent pour le compte du Capital, ayant pour seuls objectifs le libre-échange, la concurrence libre et non faussée, ainsi que la libre circulation des capitaux, des biens, des services et des personnes. Une politique économique socialiste ne peut passer que par un « Frexit social et écologiste »[1].

3) La sortie des traités européens ou de l’UE est une condition nécessaire mais non suffisante. Sans séparation des banques de dépôt et d’investissement, sans circuit du Trésor et remise en cause de l’endettement sur les marchés financiers, sans nationalisations et planification économique, sans contrôle des capitaux et lutte contre l’évasion fiscale, la France ne retrouvera pas sa souveraineté monétaire ou économique et restera sous la tutelle des marchés financiers, que ce soit avec l’euro ou avec le franc, en dehors ou au sein de l’UE.

4) À aucun moment, dans le programme du Nouveau Front Populaire, il n’est envisagé de nationaliser des entreprises, même pas les monopoles naturels (énergie, télécommunications) ou les secteurs stratégiques (banques, industrie de défense, industrie pharmaceutique)[2]. La socialisation des moyens de production a été abandonnée au profit de la redistribution. À l’inverse du CNR, qui avait commencé à imposer la souveraineté sur la production et le travail, la gauche s’oriente désormais vers une augmentation des impôts sur les « riches » pour les redistribuer aux « pauvres ». Pas besoin de préciser qu’il s’agit d’une impasse idéologique, car cela revient à démontrer que les capitalistes créent les richesses et qu’il faudrait les taxer pour obtenir une aumône. Il faut renouer avec la socialisation des moyens de production, que ce soit par des nationalisations ou par des « socialisations » où les travailleurs exerceraient le pouvoir dans les entreprises, et non plus les actionnaires, mais aussi par l’élargissement du champ de la Sécurité sociale : alimentation, logement, salaires… En somme, passer de Thomas Piketty[3] à Bernard Friot[4].

 

Nicolas Maxime


[1] Clément Caudron, Pour un Frexit de fait, écologique et social, Le Média, 20 mai 2019.

[2] Programme Nouveau Front Populaire Élections Législatives 2024, Nouveau Front Populaire.

[3] Thomas Piketty, Capital et Idéologie, Seuil, 2019.

[4] Bernard Friot, L’enjeu du salaire, La Dispute, 2012.

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