Je n’ai pas de parcours universitaire classique, je suis autodidacte. Je suis devenu critique du néolibéralisme, de ses effets économiques, sociaux et culturels. Mes références actuelles sont Emmanuel Todd, René Girard, Jean-Claude Michéa, Dany-Robert Dufour, Bernard Friot, Frédéric Lordon, David Cayla, Coralie Delaume, David Graeber, Michel Feher, Naomi Klein...
Sur France Inter, au nom de la préservation des comptes publics et au nom de la Sécurité sociale, qu'il présente comme un bien commun à protéger, le ministre du Travail, Farandou, entend supprimer la prime de Noël pour les chômeurs en fin de droit ainsi que pour les bénéficiaires du RSA, qu’ils soient célibataires ou en couple.
Cela représente 150 euros de moins, une somme dérisoire pour l’État, mais souvent importante pour celles et ceux qui tentent simplement de survivre.
Selon Farandou, la France aurait été « très généreuse » et n’aurait désormais « plus les moyens » de l’être si elle souhaite préserver son modèle social. Le discours est connu et répété en boucle : en prétendant ainsi sauver le système, on parle de responsabilité budgétaire pour justifier l’abandon des plus fragiles. Comme pour la réforme des retraites, on moralise ici la pauvreté en culpabilisant ceux qui subissent leur situation.
Comme le dit Benoît Girard, le capitalisme est à la fois une morale et une transgression[1].
On pourrait ajouter qu’il sait aussi se faire cynique — cynique quand il le faut, lorsqu’il s’agit de « taxer » ceux qui n’ont déjà plus rien, tout en continuant de protéger les profits et les rentes de ceux qui profitent vraiment du système. On pourrait parler d'une moralisation immorale.
Cette proposition visant à supprimer la prime de Noël dit tout de notre époque, celle où la compassion devient une variable d’ajustement budgétaire, et où la « morale économique » sert à dissimuler l’immoralité sociale du capitalisme.
Nicolas Maxime
[1] Benoît Girard (Antigone), Revue Antigone | Une nouvelle revue de débat et d’idées.