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Je n’ai pas de parcours universitaire classique, je suis autodidacte. Je suis devenu critique du néolibéralisme, de ses effets économiques, sociaux et culturels. Mes références actuelles sont Emmanuel Todd, René Girard, Jean-Claude Michéa, Dany-Robert Dufour, Bernard Friot, Frédéric Lordon, David Cayla, Coralie Delaume, David Graeber, Michel Feher, Naomi Klein...

Une nouvelle cible de la droite : les bénéficiaires du RSA

Lorsqu'il s'agit de faire de la démagogie, il y a toujours à droite une cible privilégiée : les bénéficiaires du RSA. Ainsi, dans une interview donnée au Parisien, Laurent Wauquiez « propose que l'on sorte du RSA à vie ». Il entend limiter le bénéfice du RSA à deux ans. Charles Consigny, lui, dans l’émission Les Grandes Gueules, sur RMC, déclare que le RSA et les allocations chômage devraient être réservés aux moins de 50 ans.

En montrant du doigt les 3,80 millions de personnes (enfants compris) couvertes par le RSA attendues en 2025[1], la droite détourne l’attention des véritables responsables des maux économiques. Les problèmes proviendraient de l’assistanat et non des exonérations fiscales massives accordées aux grandes entreprises, de l’évasion fiscale organisée ou des politiques de dégradation des services publics.

Cette rhétorique oppose les « assistés » aux « travailleurs », comme si les premiers vivaient aux dépens des seconds. Certes, la Cour des comptes et des travaux parlementaires attire l'attention sur des fraudes potentiellement supérieures au 1,54 milliard estimé[2]. Cependant, la très grande majorité des allocataires du RSA souhaitent travailler mais ils se heurtent à un marché du travail profondément dégradé, à la précarité, à des obstacles sociaux ou territoriaux. Le RSA n’est pas une rente, c’est un filet de survie. En limitant le RSA à des critères tels que la durée ou l’âge, le risque est de fragiliser davantage les personnes les plus précaires. En s’attaquant aux plus fragiles, ces responsables politiques espèrent flatter le ressentiment d’électeurs déçus et inquiets.

Cet électorat, la gauche gouvernementale l’a trop souvent trahi, en s’éloignant des classes populaires et en accompagnant les politiques néolibérales. Aujourd’hui, elle va jusqu’à défendre l’aide active à mourir, en laissant s’installer l’idée qu’il vaudrait mieux abréger les souffrances que d’accompagner la fin de vie. D’un côté, une gauche qui euthanasie les plus fragiles; de l’autre, une droite qui les prive de tout moyen de survie. Dans les deux cas, ce sont les plus démunis qui paient le prix fort.

 

Nicolas Maxime


[1] DREES, Le revenu de solidarité active (RSA), Fiche 23 du Ministère des Solidarités, octobre 2024.

[2] Public Sénat, « Une corruption lente et insidieuse : un rapport évalue la fraude sociale à 13 milliards d’euros par an », 10 avril 2024 ; Le Monde, « Six idées reçues sur la fraude sociale », 16 juillet 2025.

 
Article paru dans la revue Royaliste N°1302

Article paru dans la revue Royaliste N°1302

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