Je n’ai pas de parcours universitaire classique, je suis autodidacte. Je suis devenu critique du néolibéralisme, de ses effets économiques, sociaux et culturels. Mes références actuelles sont Emmanuel Todd, René Girard, Jean-Claude Michéa, Dany-Robert Dufour, Bernard Friot, Frédéric Lordon, David Cayla, Coralie Delaume, David Graeber, Michel Feher, Naomi Klein...
Les médias comme BFM TV tentent de vendre une Argentine où, désormais, « après la libéralisation du marché, les locations disponibles explosent à Buenos Aires ».
Ce titre est totalement fallacieux et ne tient aucunement compte de la réalité de la situation.
La dérégulation totale du marché locatif, avec la fin de l’encadrement des loyers, a, dans un premier temps, provoqué une augmentation brutale des prix.
De plus, les baux ne sont désormais régis que par un accord prétendument « libre » entre les parties, ce qui a aggravé la crise du logement, les loyers devenant toujours moins accessibles pour une grande partie de la population. Afin de contourner les effets de l’inflation monétaire, Javier Milei a même introduit la possibilité qu’un contrat de location soit honoré en bitcoin, en d’autres cryptomonnaies ou en nature, comme des kilos de bœuf ou des litres de lait (!!!).
Résultat des courses : des milliers d’Argentins se sont retrouvés mis à la rue, faute de pouvoir payer leur loyer ou parce que leurs baux n’étaient tout simplement plus renouvelés. Certes, des dizaines de milliers de logements sont aujourd’hui « disponibles » à Buenos Aires, mais à quel prix et pour qui ?
Dans le même temps, le gouvernement argentin a supprimé toute forme d’aide alimentaire. De larges pans de la population s’enfoncent dans une pauvreté de masse, qui touche désormais près de 57 % des habitants de l’Argentine[1].
Sachant que l’inflation a dépassé les 270 %[2], que la déréglementation a jeté des dizaines de milliers de personnes à la rue et qu’elle remet sur le marché des logements insalubres, qui peut encore prétendre que le libertarianisme n’est pas une forme extrême et contemporaine de darwinisme social ?
Seuls les plus forts — c’est-à-dire les plus riches — doivent s’en sortir. Les plus faibles, autrement dit les plus pauvres, sont condamnés à disparaître.
Nicolas Maxime