Je n’ai pas de parcours universitaire classique, je suis autodidacte. Je suis devenu critique du néolibéralisme, de ses effets économiques, sociaux et culturels. Mes références actuelles sont Emmanuel Todd, René Girard, Jean-Claude Michéa, Dany-Robert Dufour, Bernard Friot, Frédéric Lordon, David Cayla, Coralie Delaume, David Graeber, Michel Feher, Naomi Klein...
La bataille identitaire qui secoue actuellement les médias et les réseaux sociaux vient d’atteindre son paroxysme de l’absurdité.
Ainsi, une ex-FEMEN comme Marguerite Stern, qui a récemment coécrit avec Dora Moutot un pamphlet anti-trans, se permet de féliciter un masculiniste identitaire tel que Julien Rochedy. Le féminisme petit-bourgeois — pour reprendre l’expression d’Emmanuel Todd[1] — en vient ainsi à côtoyer sans complexe la misogynie la plus exacerbée.
De la même manière, l’ancienne influenceuse homosexuelle, devenue un temps égérie néoconservatrice et protégée de Caroline Fourest et de Raphaël Enthoven, s’affiche désormais aux côtés de l’ensemble de la galaxie zemmourienne dans une croisade obsessionnelle contre l’islam. Peut-être parviendra-t-elle, demain, à créer un business de sous-vêtements avec ses nouveaux partenaires identitaires ?
Nous vivons ce que Benoît Girard a justement nommé une « tragique espérance »[2], où peuvent désormais s’entrecroiser le postmodernisme le plus déliquescent et l’identitarisme « blanc » le plus régressif, dans une forme d’apothéose de la bêtise et du non-sens. Cette séquence révèle, une fois encore, la fausse opposition entre wokes et anti-wokes.
Gauche et droite du Capital ne sont plus là que pour organiser la diversion permanente, afin d’empêcher toute union populaire réelle et de faire le jeu du néolibéralisme. Pendant que l’attention est captée par ces polémiques stériles, on évite soigneusement d’évoquer les politiques de destruction de l’hôpital public et de l’Éducation nationale, les réformes antisociales de l’assurance chômage et du RSA, ainsi que les difficultés concrètes rencontrées par des millions de Français pour se loger, se soigner et vivre dignement.
Nicolas Maxime