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Je n’ai pas de parcours universitaire classique, je suis autodidacte. Je suis devenu critique du néolibéralisme, de ses effets économiques, sociaux et culturels. Mes références actuelles sont Emmanuel Todd, René Girard, Jean-Claude Michéa, Dany-Robert Dufour, Bernard Friot, Frédéric Lordon, David Cayla, Coralie Delaume, David Graeber, Michel Feher, Naomi Klein...

ASS, logement, retraites : la guerre sociale du gouvernement

« Une aide qui prolonge l’indemnisation du chômage et qui permet, sans travailler, de valider des trimestres de retraite. […] Nous considérons que la retraite doit être le fruit du travail, et donc nous proposerons la bascule de l’allocation de solidarité spécifique (ASS) vers le revenu de solidarité active (RSA) et la suppression de cette allocation », a déclaré Gabriel Attal devant les députés de l’Assemblée nationale.

Un homme qui n’a jamais travaillé en dehors des sphères politiques, Gabriel Attal, fustige du haut de ses 35 ans les prétendues « trappes à inactivité » et annonce la suppression de l’allocation de solidarité spécifique (ASS), versée par Pôle emploi. Près de 300 000 bénéficiaires basculeront désormais vers le RSA.

Ce qui distinguait l’ASS du RSA n’était pas tant son montant — à peine supérieur — que le statut qu’elle conférait : un accompagnement adapté en tant que chômeur de longue durée et surtout la validation de trimestres de retraite. Avec cette suppression, des dizaines de milliers de personnes déjà fragilisées voient non seulement leurs droits sociaux amputés, mais aussi leur avenir retraite compromis.

Sur le logement, Gabriel Attal a également annoncé vouloir assouplir la loi SRU, qui impose aux communes de disposer d’au moins 25 % de logements sociaux, en y intégrant une part de logements intermédiaires destinés aux classes moyennes. Autrement dit, en pleine crise du logement — avec 350 000 personnes sans domicile fixe et 2,6 millions de ménages en attente d’un logement social —, la priorité serait donnée à des logements aux loyers plus élevés, principalement accessibles aux classes moyennes supérieures[1].

La ligne est désormais limpide. Emmanuel Macron et son gouvernement mènent une guerre sociale contre les pauvres, à la fois pour des raisons budgétaires et idéologiques.

Budgétaires, d’abord, puisqu’il s’agit de réaliser des économies sur le dos des plus fragiles afin de financer des baisses d’impôts et des cadeaux fiscaux à destination des multinationales et de la finance.

Idéologiques, ensuite, car cette politique repose sur une vision morale du monde social : le pauvre serait responsable de son sort, n’aurait pas fait les bons choix, n’aurait qu’à « mieux se débrouiller ». La solidarité collective est remplacée par l’injonction à la responsabilité individuelle, et la protection sociale devient une variable d’ajustement.

Derrière le discours sur le « travail », c’est bien un démantèlement méthodique de l’État social qui se poursuit, au détriment de celles et ceux qui n’ont déjà plus grand-chose.

 

Nicolas Maxime


[1] Fondation Abbé Pierre, Rapport annuel sur l’état du mal-logement en France 2023, estimant qu’en 2023 environ 330 000 personnes étaient sans domicile fixe et que plus de 2,6 millions de ménages attendaient un logement social face à l’aggravation de la crise du logement.

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