Je n’ai pas de parcours universitaire classique, je suis autodidacte. Je suis devenu critique du néolibéralisme, de ses effets économiques, sociaux et culturels. Mes références actuelles sont Emmanuel Todd, René Girard, Jean-Claude Michéa, Dany-Robert Dufour, Bernard Friot, Frédéric Lordon, David Cayla, Coralie Delaume, David Graeber, Michel Feher, Naomi Klein...
Alors qu'on apprend en France que, pour la première fois depuis 1945, il y a désormais plus de décès que de naissances[1] — un croisement, ou plutôt une inversion des courbes démographiques — qu'on constate une baisse de la natalité de 2,1 % et un taux de fécondité de 1,56 enfant par femme, soit le plus bas depuis 1917, selon l’Insee, en 2025[2], et qu'on cherche des causes à droite à gauche, entre crise du couple, question du désir d'enfant, et même le sociologue Julien Damon allant jusqu'à démontrer que l'enfant serait désormais encombrant[3] , que prépare le gouvernement Lecornu pour motiver les familles à procréer?
Baisser les allocations familiales, pardi !
On apprend EN MÊME TEMPS, que toutes les pleurnicheries médiatiques sur la dénatalité, le décalage de 14 à 18 ans de la majoration des allocations familiales pour des économies de bout de chandelle estimées à 200 millions d'euros[4]. Pour certaines familles, cela pourrait représenter une perte de plus de 2 000 € par an. Les effets négatifs seront tellement importants que les gains supposés vont s’évaporer puisque les familles seront plus pauvres et que les jeunes gens, découragés, repousseront ou renonceront à avoir des enfants. Le signal envoyé est donc : faites des enfants… mais ne comptez pas sur les allocations pour vous aider.
Et, comme par magie, la droite, soi-disant défenseuse de la famille, reste silencieuse sur ce sujet.
Si on voulait accélérer le réarmement démographique[5], comme l’avait déclaré Macron, c’est raté. Si on veut basculer dans l’effondrement démographique plus tôt que prévu, c’est un pari réussi.
Nicolas Maxime
[1] Insee, Bilan démographique 2025. La France a enregistré plus de décès que de naissances pour la première fois depuis 1945, avec 645 000 naissances contre 651 000 décès en 2025.
[2] Insee, Bilan démographique 2025. La baisse des naissances est de −2,1 % et l’indice conjoncturel de fécondité (ICF) chute à 1,56 enfant par femme, le niveau le plus bas depuis la fin de la Première Guerre mondiale.
[3] Julien Damon, L’enfant devient un encombrant, Le Point, 14 janvier 2026.
[4] UNSA, Report de la majoration de 14 à 18 ans des allocations familiales : l’UNSA refuse le sacrifice des familles, 23 décembre 2025.
[5] Expression employée par Emmanuel Macron lors de sa conférence de presse du 16 janvier 2024.