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Je n’ai pas de parcours universitaire classique, je suis autodidacte. Je suis devenu critique du néolibéralisme, de ses effets économiques, sociaux et culturels. Mes références actuelles sont Emmanuel Todd, René Girard, Jean-Claude Michéa, Dany-Robert Dufour, Bernard Friot, Frédéric Lordon, David Cayla, Coralie Delaume, David Graeber, Michel Feher, Naomi Klein...

Immigration, souveraineté et capitalisme : les causes avant les conséquences

Lorsque les pays d’Afrique et du Moyen-Orient sont exploités par des multinationales étrangères avec la complicité de dictatures ou de régimes autoritaires qui captent l’essentiel des ressources naturelles, cela engendre des conflits dans ces pays et permet, pour nous Européens, de consommer des énergies et des biens de consommation à bas prix. Il ne faut donc pas s’étonner que des migrants se dirigent vers les territoires où se concentre la richesse.

Nous ferions tous la même chose en étant un minimum rationnel : on ne reste pas dans un pays miné par des conflits incessants et sans perspectives d’avenir, on tente sa chance ailleurs. C’est un réflexe humain que tout le monde peut comprendre.
Maintenant, sur le fond, une immigration de masse et une ouverture totale des frontières ne peuvent que provoquer du repli identitaire, une insécurité culturelle, une montée de l’extrême droite et une archipélisation du pays en plusieurs communautés destinées à s’affronter[1]. Sans compter que cela peut, à terme, menacer l’État-providence, car les autochtones refusent de travailler pour financer un système où des migrants perçoivent des aides sociales.

Mais la solution n’est pas non plus de fermer bêtement les frontières. Les migrants feront tout pour venir malgré tout, au prix de toujours plus de morts, et la situation serait encore pire. La seule solution cohérente consiste à pousser la logique de souveraineté jusqu’au bout : cesser de soutenir des dictatures, mettre fin à l’exploitation des ressources des pays pauvres, et, concernant la France, ne plus imprimer le franc CFA — surtout si l’on se plaint déjà des contraintes liées à l’euro. Il s’agit de se débrouiller par nos propres moyens.

Oui, notre niveau de vie baissera sans doute. Mais les populations africaines ne se déplaceront plus en masse (hors situations d’asile liées à des menaces vitales). À un moment donné, il faut choisir : soit un niveau de vie élevé fondé sur la consommation de biens inutiles, l’exploitation des pays pauvres et une immigration de masse ; soit un niveau de vie plus modeste, des pays économiquement souverains et une immigration réduite. On ne peut pas avoir le beurre, l’argent du beurre et le cul de la crémière en prime.

On ne peut pas se plaindre de l’immigration si l’on refuse de remettre en cause ce qui provoque la fuite des migrants vers les pays développés, à savoir le capitalisme néolibéral.

 

Nicolas Maxime


[1] Jérôme Fourquet, L'archipel français : naissance d'une nation multiple et divisée, Le Seuil, 2019.

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