Je n’ai pas de parcours universitaire classique, je suis autodidacte. Je suis devenu critique du néolibéralisme, de ses effets économiques, sociaux et culturels. Mes références actuelles sont Emmanuel Todd, René Girard, Jean-Claude Michéa, Dany-Robert Dufour, Bernard Friot, Frédéric Lordon, David Cayla, Coralie Delaume, David Graeber, Michel Feher, Naomi Klein...
Voici le bilan de Jacques Delors, que l’on présente souvent comme le « père de l’Europe » :
Par le marché unique et la monnaie unique, Jacques Delors a acté la fin de la souveraineté monétaire et économique de la France, désormais tenue de rendre des comptes à Bruxelles et à Francfort, rendant quasiment impossible toute alternative économique au capitalisme néolibéral.
Celui qui se présentait comme le défenseur d’une « Europe sociale » a été, dans les faits, le chantre de l’ordolibéralisme allemand, de la soumission de la France à l’Union européenne et aux marchés financiers.
En invoquant un prétendu pragmatisme économique et en s’inspirant des politiques néolibérales, il a introduit une profonde confusion idéologique dans son camp : un mélange de social-démocratie, de progressisme libéral et d’européisme béat. Ce faisant, il a ouvert la voie à une longue entreprise de discrédit de la gauche, et en particulier du Parti socialiste. Il a été suivi par d’autres fossoyeurs — Laurent Fabius, Pierre Bérégovoy, Lionel Jospin, Dominique Strauss-Kahn, François Hollande, Manuel Valls — jusqu’à provoquer la disparition politique de ce courant et l’émergence du macronisme, synthèse plus radicale et plus autoritaire de ce mouvement.
Voilà ce que l’on peut retenir de Jacques Delors. Loin des hommages convenus, il convient de rappeler les responsabilités historiques de ces dirigeants qui, souvent dédouanés au moment de leur disparition, ont pourtant causé des dommages durables à la souveraineté nationale et populaire.
Nicolas Maxime