Je n’ai pas de parcours universitaire classique, je suis autodidacte. Je suis devenu critique du néolibéralisme, de ses effets économiques, sociaux et culturels. Mes références actuelles sont Emmanuel Todd, René Girard, Jean-Claude Michéa, Dany-Robert Dufour, Bernard Friot, Frédéric Lordon, David Cayla, Coralie Delaume, David Graeber, Michel Feher, Naomi Klein...
À droite comme à gauche, le discours anti-LFI vire à l’obsession. Tout porte à croire que le problème serait Jean-Luc Mélenchon, alors même que Emmanuel Macron est au pouvoir. Des critiques objectives peuvent bien sûr être formulées à l’encontre du leader de LFI — sur son leadership, sa stratégie électorale ou encore son rapport parfois autoritaire à l’organisation —, mais il est tout de même frappant de constater que, pour le bloc néoconservateur, l’ennemi principal est désormais LFI.
Les raisons de cette hostilité ne tiennent pas uniquement à la question de la laïcité. Elles relèvent surtout d’un programme de rupture économique qui remet en cause le cadre néolibéral dominant : désobéissance aux règles européennes, critique du libre-échange, renforcement des services publics, redistribution des richesses. Autant de propositions perçues comme une menace par un bloc central élargi, rassemblant libéraux progressistes et conservateurs ralliés à l’économie de marché.
Au lieu de chercher à construire une opposition crédible au macronisme et à sa déclinaison lepéniste — avec toutes les forces de bonne volonté désireuses d’un véritable changement démocratique et social (point décisif, qui exclut les fétichistes du marché) —, le champ politique s’acharne à se diviser, préférant tirer sur l’ambulance plutôt que de s’attaquer au pouvoir en place.
Il ne faudra alors ni s’étonner ni feindre l’indignation si, en 2027, le second tour oppose Édouard Philippe à Marine Le Pen. Cette configuration serait moins un accident qu’un aboutissement logique : celui d’années passées à neutraliser toute alternative sociale crédible au nom d’une prétendue respectabilité politique.
Nicolas Maxime