Je n’ai pas de parcours universitaire classique, je suis autodidacte. Je suis devenu critique du néolibéralisme, de ses effets économiques, sociaux et culturels. Mes références actuelles sont Emmanuel Todd, René Girard, Jean-Claude Michéa, Dany-Robert Dufour, Bernard Friot, Frédéric Lordon, David Cayla, Coralie Delaume, David Graeber, Michel Feher, Naomi Klein...
Au lieu de s'interroger sur les causes de l'immigration irrégulière et d'y trouver des solutions, la droite sénatoriale, comme à son habitude, préfère s'attaquer aux migrants en supprimant l'aide médicale d'Etat (AME) qui permet aux étrangers en situation irrégulière de bénéficier d’un accès aux soins.
Nonobstant le fait qu'on soignant les clandestins, on limite la diffusion de maladies infectieuses et on évite des coûts inutiles d'urgence médicale à l'assurance maladie, la droite préfère faire prendre le risque à la population française de la propagation d'épidémies ainsi que de surcharger l'hôpital public déjà au bord du gouffre.
Le philosophe René Girard a expliqué que pour masquer ses échecs ou résoudre des crises, il est fréquent, voire logique et nécessaire, de s’acharner sur des individus innocents, dans l’incapacité de se défendre, sur lesquels l’on peut faire retomber toutes les responsabilités[1]. Depuis quelque temps, les pauvres et les immigrés tiennent efficacement ce rôle de bouc émissaire.
S'il y a de la pauvreté, c'est la faute des pauvres. S'il y a de l'immigration irrégulière, c'est la faute des migrants. Pour éviter de remettre en question le capitalisme néolibéral, le bloc néoconservateur Renaissance/LR/RN assume de faire des perdants du système économique — en l'occurrence ici les migrants — les boucs émissaires de la société.
Nicolas Maxime
[1] René Girard, Le bouc émissaire, Grasset, 1982.