Je n’ai pas de parcours universitaire classique, je suis autodidacte. Je suis devenu critique du néolibéralisme, de ses effets économiques, sociaux et culturels. Mes références actuelles sont Emmanuel Todd, René Girard, Jean-Claude Michéa, Dany-Robert Dufour, Bernard Friot, Frédéric Lordon, David Cayla, Coralie Delaume, David Graeber, Michel Feher, Naomi Klein...
Les droitards et autres socio-identitaires s’excitent déjà comme des puces en dénonçant la gauche morale, qui, par naïveté, apporterait au Capital une main-d’œuvre bon marché.
Mais c’est précisément parce que les immigrés sont sans papiers, donc sans droits, qu’ils sont exploités par le Capital. Lorsqu’ils sont régularisés et disposent de titres de séjour et de travail, ils peuvent bénéficier des mêmes droits que les autres salariés : salaire minimum, protection sociale, droit syndical, recours juridiques.
C’est l’existence même de l’immigration irrégulière qui alimente l’exploitation de la misère, le travail au noir, les réseaux de sous-traitance illégale et les marchands de sommeil. En maintenant volontairement des centaines de milliers de personnes dans l’illégalité administrative, on crée un réservoir de main-d’œuvre corvéable à merci.
Ceux qui s’opposent frontalement à la régularisation ne combattent donc pas l’exploitation : ils la rendent possible et durable. Sous couvert de fermeté migratoire, ils soutiennent en réalité un modèle économique fondé sur la précarité, la peur de l’expulsion et le chantage permanent à la survie.
La régularisation des travailleurs sans papiers n’est pas un geste moral : c’est une mesure sociale, économique qui permet de tirer les salaires vers le haut, de limiter le dumping social, de réduire le travail clandestin et de frapper directement les profiteurs de la misère humaine.
En refusant cette réalité, le discours pseudo-souverainiste rejoint objectivement les intérêts du capitalisme néolibéral qu’il prétend combattre.
Nicolas Maxime