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Je n’ai pas de parcours universitaire classique, je suis autodidacte. Je suis devenu critique du néolibéralisme, de ses effets économiques, sociaux et culturels. Mes références actuelles sont Emmanuel Todd, René Girard, Jean-Claude Michéa, Dany-Robert Dufour, Bernard Friot, Frédéric Lordon, David Cayla, Coralie Delaume, David Graeber, Michel Feher, Naomi Klein...

Le goût de l’effort dans une société de la rente : l’injonction contradictoire du capitalisme néolibéral

Gabriel Attal entend « valoriser le goût de l’effort » afin de permettre aux jeunes de s’insérer plus facilement dans la vie active.

Mais comment valoriser le goût de l’effort dans une société de marché où ce sont précisément le confort, la facilité et le divertissement qui constituent les normes dominantes ? Comment parler de valeur travail à la jeunesse lorsque le modèle économique met en avant des milliardaires vivant essentiellement de leur rente plutôt que de leur travail, lorsque des influenceurs exhibent une vie de millionnaire sans labeur, lorsque la publicité est omniprésente pour transformer les individus en consommateurs passifs plutôt qu’en citoyens actifs ?

Cette contradiction est au cœur du projet néolibéral. Les néolibéraux se retrouvent prisonniers d’un système à bout de souffle qu’ils peinent à justifier idéologiquement. On ne peut pas simultanément exalter l’effort, le mérite et le travail, tout en favorisant structurellement la rente, le capital et la spéculation par les politiques économiques mises en œuvre.

À un moment donné, il faut choisir.
Soit maintenir le capitalisme néolibéral, avec pour horizon une jeunesse happée par les jeux vidéo, les réseaux sociaux et les fantasmes d’enrichissement rapide, rêvant de devenir millionnaire sans produire ni contribuer collectivement.
Soit changer de système économique, redonner un sens social au travail et permettre à la jeunesse de s’engager dans un effort collectif utile, porteur de sens et d’émancipation.

Sans transformation profonde des structures économiques et symboliques de la société, l’appel au « goût de l’effort » restera une injonction morale vide, démentie chaque jour par les faits.

 

Nicolas Maxime

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