Je n’ai pas de parcours universitaire classique, je suis autodidacte. Je suis devenu critique du néolibéralisme, de ses effets économiques, sociaux et culturels. Mes références actuelles sont Emmanuel Todd, René Girard, Jean-Claude Michéa, Dany-Robert Dufour, Bernard Friot, Frédéric Lordon, David Cayla, Coralie Delaume, David Graeber, Michel Feher, Naomi Klein...
Emmanuel Macron promet des prix garantis pour les agriculteurs. Un véritable foutage de gueule.
Deux options théoriques existent, et aucune n’est réaliste dans le cadre politique actuel. Soit il tenterait de convaincre ses partenaires européens de mettre en place des prix planchers à l’échelle de l’Union européenne, ce qui relève de la pure fiction politique : une telle mesure supposerait l’unanimité des États membres, dont beaucoup sont structurellement opposés à toute régulation contraignante des marchés agricoles. Soit il faudrait sortir des traités européens afin d’appliquer ces prix garantis à l’échelle nationale, ce qui est évidemment exclu par le pouvoir en place.
Cette promesse s’inscrit dans la même logique que la planification écologique brandie lors de la campagne présidentielle. Là encore, elle est strictement irréalisable sans remise en cause du marché unique, du libre-échange et des règles de concurrence européenne. Toute politique sérieuse de planification suppose un interventionnisme économique assumé, des mécanismes de protectionnisme ciblé et une maîtrise publique des prix — autant d’outils incompatibles avec le logiciel idéologique néolibéral qui structure l’action d’Emmanuel Macron.
En réalité, à aucun moment ce dernier ne pourra instaurer des prix garantis pour les agriculteurs sans rompre avec les dogmes européens qu’il défend avec constance. Comme souvent, il souffle le chaud et le froid : un discours social pour calmer la colère du monde agricole, sans jamais remettre en cause les intérêts fondamentaux qu’il protège.
Car derrière les effets d’annonce, la ligne reste inchangée. Emmanuel Macron et son gouvernement demeurent au service des marchés financiers, de l’agro-industrie et des multinationales de la distribution, qui tirent les prix vers le bas au détriment des petits exploitants. Les agriculteurs sont sommés de survivre dans un cadre économique qui les condamne structurellement, pendant que l’exécutif multiplie les promesses intenables.
Ce double langage n’est pas une erreur de communication : il est le cœur même du macronisme. Promettre ce que l’on sait impossible à tenir, afin d’éviter toute remise en cause réelle de l’ordre économique existant.
Nicolas Maxime