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Je n’ai pas de parcours universitaire classique, je suis autodidacte. Je suis devenu critique du néolibéralisme, de ses effets économiques, sociaux et culturels. Mes références actuelles sont Emmanuel Todd, René Girard, Jean-Claude Michéa, Dany-Robert Dufour, Bernard Friot, Frédéric Lordon, David Cayla, Coralie Delaume, David Graeber, Michel Feher, Naomi Klein...

Quand les associations suppléent l’État : l’alerte des Restos du Cœur en pleine crise sociale

170 millions de repas distribués aux plus précaires, soit 30 millions de plus que l’année précédente[1]. En pleine inflation, Les Restos du Cœur, l’association créée par Coluche, est dans la tourmente. Il leur faut 35 millions d’euros pour clôturer l’exercice, faute de quoi les Restos du Cœur feront faillite.

De nombreuses associations d’aide aux plus précaires se trouvent exactement dans la même situation, que ce soit dans l’aide aux sans-abris ou l’aide alimentaire. En ayant pris le relais d’un État qui a décidé de déléguer ses missions de protection des plus pauvres, les associations ont tenté de faire face pendant des années avec des bénévoles et des salariés, souvent démunis face aux difficultés des personnes et des familles. Elles ont fait ce qu’elles pouvaient, avec de moins en moins de moyens et de plus en plus de bénéficiaires.

Mais depuis la crise du Covid et l’inflation qui a suivi, ces associations ont alerté les pouvoirs publics sur une situation qui se dégrade rapidement. On se rappelle encore ces files d’étudiants attendant d’obtenir leur colis de subsistance pour pouvoir manger.

Pourquoi les associations, et notamment les Restos du Cœur, sont-elles aujourd’hui en difficulté ? Parce que les subventions n’ont pas augmenté alors que les demandes d’aide ont explosé. De plus, les coûts ont été revus à la hausse, les associations voyant les prix de leurs fournisseurs croître sous l’effet de l’inflation.

Bien sûr, ces associations existent parce que des personnes n’ont pas suffisamment de revenus pour se procurer de la nourriture ou parce qu’elles sont sans domicile fixe. Dans l’idéal, l’alimentation et le logement devraient être considérés, à l’image de la santé, comme des besoins vitaux socialisés. C’est ce que tentent de faire certains collectifs de citoyens à travers la mise en place d’une sécurité sociale de l’alimentation. Concrètement, il s’agirait de verser 150 euros par mois à chaque citoyen sur une carte dédiée permettant d’acheter des produits alimentaires issus d’une agriculture durable et locale.

Mais en attendant que l’utopie devienne réalité, ces associations restent indispensables. Sans elles, ce sont des millions de nos concitoyens les plus précaires qui seraient privés de nourriture. Même si le gouvernement ou certains milliardaires, comme Bernard Arnault, ont décidé de voler au secours des Restos du Cœur dans une forme d’hypocrisie largement dénoncée, même si ce modèle de charity business montre aujourd’hui ses limites, cela ne doit pas occulter une réalité essentielle : nous avons besoin, pour l’instant, d’associations comme les Restos du Cœur, en attendant la mise en œuvre d’une véritable politique publique garantissant à tous un accès digne à l’alimentation.

 

Nicolas Maxime


[1] Les Restos du Cœur, Rapport d’activité 2022-2023.

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