Je n’ai pas de parcours universitaire classique, je suis autodidacte. Je suis devenu critique du néolibéralisme, de ses effets économiques, sociaux et culturels. Mes références actuelles sont Emmanuel Todd, René Girard, Jean-Claude Michéa, Dany-Robert Dufour, Bernard Friot, Frédéric Lordon, David Cayla, Coralie Delaume, David Graeber, Michel Feher, Naomi Klein...
À un moment donné, il faut faire un choix. On ne peut pas, comme le fait Emmanuel Macron — et comme l’ont fait avant lui ses prédécesseurs — vanter le modèle du capitalisme néolibéral tout en prétendant revaloriser le travail. On ne peut pas non plus, comme certains le proposent, inventer un prétendu capitalisme national-populaire ou vanter la participation des salariés au capital tout en conservant exactement le même système économique.
À un moment donné, il faut choisir entre le Capital et le travail.
Le capitalisme financier et mondialisé n’est que la phase la plus extrême d’un système capitaliste arrivé en bout de course. En plus de l’exploitation accrue des salariés, le capitalisme néolibéral a asservi les États-nations, désormais réduits à de simples prestataires de services pour les marchés financiers. Il a également épuisé les ressources naturelles dans une course effrénée à la rentabilité, nous menant vers un effondrement écologique désormais largement documenté.
Nous n’avons plus réellement le choix. Si nous voulons que notre planète demeure habitable, si nous souhaitons vivre dans un monde plus égalitaire et solidaire, si nous voulons redevenir un peuple souverain, alors le capitalisme financier doit disparaître. Cela ne signifie pas pour autant se diriger vers une société totalement collectiviste. Une autre voie est possible : celle d’une économie mixte, comme le Conseil national de la Résistance en a esquissé les prémices avec la Sécurité sociale, les nationalisations stratégiques et la planification[1].
Il s’agit de remettre le curseur du côté du travail, comme ce fut le cas en 1936, en 1945, en 1968 et en 1981. Le capital est nécessaire, mais il doit être au service du travail et de l’intérêt général, et non l’inverse. C’est cette histoire sociale et démocratique — parfois qualifiée de socialisme à la française — qui s’est brutalement interrompue avec la révolution conservatrice des années 1980.
Cette réforme des retraites aura au moins eu un mérite : remettre la question centrale de la répartition de la valeur ajoutée au cœur du débat public. Capital ou travail. Travail ou Capital. À un moment donné, il faut choisir.
Nicolas Maxime
[1] Conseil National de la Résistance, Les Jours heureux, programme adopté le 15 mars 1944.