Je n’ai pas de parcours universitaire classique, je suis autodidacte. Je suis devenu critique du néolibéralisme, de ses effets économiques, sociaux et culturels. Mes références actuelles sont Emmanuel Todd, René Girard, Jean-Claude Michéa, Dany-Robert Dufour, Bernard Friot, Frédéric Lordon, David Cayla, Coralie Delaume, David Graeber, Michel Feher, Naomi Klein...
Le gouvernement a trouvé un nouveau subterfuge : le dividende salarié. Le projet prévoit notamment d’imposer aux entreprises de plus de 11 salariés de mettre en place au moins l’un des dispositifs suivants : la participation, l’intéressement ou la prime (prime Macron/prime de partage de la valeur). Jusqu’ici, seules les entreprises de plus de 50 salariés étaient astreintes à mettre en place l’un de ces dispositifs.
Ni les organisations patronales, ni les syndicats ne semblent emballés par ce dividende salarié, tant les contours et les obligations restent flous et conditionnés à des bénéfices réalisés.
En fait, il s’agit simplement d’une nouvelle entourloupe pour le gouvernement : augmenter les rémunérations en ces temps d’inflation sans pour autant rehausser les salaires de base. Ainsi, les fonctionnaires et les salariés de TPE n’auront pas le droit à ce dividende salarié, et les revendications des travailleurs — l’augmentation généralisée des salaires (bruts et non nets) et de la part des salaires différés : retraites, prestations de santé, indemnités chômage — ne sont pas prises en compte.
De plus, ces dispositifs sont souvent exonérés de cotisations sociales, ce qui signifie qu’ils ne créent pas de nouveaux droits sociaux (retraite, assurance maladie, chômage). Tantôt désigné comme « prime de partage de la valeur », tantôt comme mécanisme d’« intéressement obligatoire », ce dividende salarié ne s’ajoute pas au salaire et ne remplace pas une véritable revalorisation salariale.
Les salariés ne veulent pas du revenu universel, du dividende salarié ou des primes en tout genre : ils veulent simplement que leurs salaires augmentent réellement. Mais cela, le gouvernement ne veut pas le comprendre, car il a déjà pris fait et cause pour le capital dans la répartition de la valeur ajoutée.
Nicolas Maxime