Je n’ai pas de parcours universitaire classique, je suis autodidacte. Je suis devenu critique du néolibéralisme, de ses effets économiques, sociaux et culturels. Mes références actuelles sont Emmanuel Todd, René Girard, Jean-Claude Michéa, Dany-Robert Dufour, Bernard Friot, Frédéric Lordon, David Cayla, Coralie Delaume, David Graeber, Michel Feher, Naomi Klein...
À écouter les membres du gouvernement, la France vivrait dans une réalité alternative, un monde parallèle où tout irait bien : des services publics prétendument efficaces, une population qui vivrait correctement, y compris celles et ceux au RSA ou au chômage, et un pays freiné uniquement par un niveau trop élevé d’impôts, de dépenses publiques et de prestations sociales jugées excessivement généreuses.
Dans ce récit officiel, le véritable problème ne serait ni la dégradation des hôpitaux, ni l’effondrement de l’école, ni la crise du logement, ni la précarisation massive du travail, mais l’existence d’« extrêmes » — à gauche comme à droite — qui empêcheraient la mise en œuvre de réformes dites structurelles, forcément nécessaires et forcément vertueuses.
Ce monde parallèle, soigneusement entretenu par le discours politique dominant, inverse les responsabilités :
Ce récit permet avant tout d’éviter toute remise en cause du modèle économique néolibéral, en présentant l’austérité, la réduction des droits sociaux et la mise en concurrence généralisée comme des évidences rationnelles, alors même que les indicateurs sociaux témoignent d’un tout autre état du pays : hôpital saturé, services sociaux à bout de souffle, explosion du mal-logement, précarité durable et sentiment d’abandon croissant.
On peut parler de monde parallèle, c’est-à-dire une construction idéologique et politique qui permet de gouverner contre le réel, tout en disqualifiant par avance toute critique comme « extrémiste » ou « irresponsable ».
Nicolas Maxime