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Je n’ai pas de parcours universitaire classique, je suis autodidacte. Je suis devenu critique du néolibéralisme, de ses effets économiques, sociaux et culturels. Mes références actuelles sont Emmanuel Todd, René Girard, Jean-Claude Michéa, Dany-Robert Dufour, Bernard Friot, Frédéric Lordon, David Cayla, Coralie Delaume, David Graeber, Michel Feher, Naomi Klein...

Tout ça pour ça : quand la réforme des retraites ne sert à rien

Tout ça pour ça. L’agence de notation Fitch Ratings a abaissé la note de la France, ce qui signifie très concrètement que le taux auquel l’État emprunte sur les marchés financiers va augmenter. La réforme des retraites, présentée comme indispensable pour « rassurer les marchés », n’aura servi à rien. Pire encore, Fitch invoque explicitement le recours au 49.3 et le climat social délétère pour justifier sa décision.

Au final, ce n’est pas tant le niveau de la dette publique qui pénalise la France que sa dépendance structurelle aux marchés financiers, contrairement au récit dominant qui vise à culpabiliser la population et à justifier des réformes antisociales. La sanction ne porte pas sur l’absence de réformes, mais sur l’instabilité politique et sociale engendrée par ces mêmes réformes.

Il faudrait pourtant simplement revenir à des circuits d’endettement différents, tels qu’ils existaient après-guerre, notamment en rétablissant le circuit du Trésor. Ce dispositif permettait à la Banque de France d’accorder des avances au Trésor public à taux nul ou très faible, ou encore de mobiliser directement l’épargne nationale pour financer les investissements publics. Ce système a fonctionné pendant des décennies sans provoquer ni inflation incontrôlée ni faillite de l’État, et a permis de financer la reconstruction, les services publics et la Sécurité sociale.

Mais la réponse du gouvernement est déjà connue : poursuivre les réformes consistant à abaisser les dépenses publiques, réduire les droits sociaux et comprimer l’État social. Tout cela dans un seul et unique objectif : satisfaire les marchés financiers, auxquels les gouvernements sont désormais devenus de simples vassaux et exécutants.

Tant que la question centrale de la souveraineté financière et monétaire ne sera pas posée, les mêmes causes produiront les mêmes effets : austérité, régressions sociales, instabilité politique… et nouvelles dégradations de notation.

 

Nicolas Maxime

 

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