Je n’ai pas de parcours universitaire classique, je suis autodidacte. Je suis devenu critique du néolibéralisme, de ses effets économiques, sociaux et culturels. Mes références actuelles sont Emmanuel Todd, René Girard, Jean-Claude Michéa, Dany-Robert Dufour, Bernard Friot, Frédéric Lordon, David Cayla, Coralie Delaume, David Graeber, Michel Feher, Naomi Klein...
Lors d'un débat des municipales à Marseille, Martine Vassal (divers droite) a déclaré que ses valeurs étaient : « le mérite, le travail, la famille, la patrie ». Tous les autres candidats, interloqués, ont immédiatement réagi au triptyque travail, famille, patrie, comprenant très vite la référence historique.
Face au rappel de ses contradicteurs soulignant qu'il s'agissait de la devise du maréchal Pétain, Martine Vassal a persisté : « C'est mon slogan et ce sont mes valeurs ».
D'une part, cette méconnaissance des symboles historiques fondamentaux illustre une forme d'idiocratisation du débat public. Elle pose la question de la compatibilité entre l'exercice de responsabilités politiques majeures et l'oubli — volontaire ou non — des références constitutives de notre mémoire républicaine. D'autre part, si cette reprise sémantique est délibérée, elle témoigne de ce que l'on pourrait qualifier d'un « fascisme déjà là »[1], où les mots permettent de réintégrer à travers le langage un imaginaire réactionnaire.
Le problème n'est pas tant d’avoir comme valeurs le travail, la famille ou l’attachement à la patrie — notions largement partagées dans la société — mais de les citer dans cet ordre précis, surtout quand on connaît l'histoire et la référence à un régime autoritaire ayant aboli la République, suspendu les libertés publiques et collaboré avec l’occupant nazi.
Nicolas Maxime
[1] Benoît Girard (Antigone), Revue Antigone | Une nouvelle revue de débat et d’idées.