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Je n’ai pas de parcours universitaire classique, je suis autodidacte. Je suis devenu critique du néolibéralisme, de ses effets économiques, sociaux et culturels. Mes références actuelles sont Emmanuel Todd, René Girard, Jean-Claude Michéa, Dany-Robert Dufour, Bernard Friot, Frédéric Lordon, David Cayla, Coralie Delaume, David Graeber, Michel Feher, Naomi Klein...

Démantèlement de la psychiatrie : une mise en danger collective

Il y avait 120 000 lits en psychiatrie en 1990, soit 96 pour 100 000 habitants, contre 55 000 lits en 2018[1]. Soit, en l’espace d’une vingtaine d’années, plus de la moitié des places de psychiatrie ont été supprimées. Les causes sont connues. L’État a choisi de mettre en œuvre une stagnation des dépenses publiques, donc de baisser les crédits et les effectifs dans certains secteurs publics comme la psychiatrie. Une partie de la population relevant de soins psychiatriques s’est ainsi retrouvée incarcérée dans des établissements pénitentiaires, à la rue ou encore dans des établissements médico-sociaux où ces malades n’ont pas leur place. Cela a d’ailleurs engendré des difficultés supplémentaires pour ces établissements et pour les professionnels de ces secteurs, qui n’ont pas été formés à travailler avec ce type de public.

De plus, les administrations ont rendu plus complexe l’hospitalisation psychiatrique à la demande d’un tiers, puisqu’en plus du certificat médical du psychiatre qui ordonne l’hospitalisation, il faut également l’avis médical d’un autre psychiatre. Les durées de prise en charge ont également été raccourcies. Il n’est donc pas étonnant de voir une personne hospitalisée sortir au bout de deux jours.

En fait, le gouvernement, au lieu d’essayer de prendre en charge celles et ceux qui devraient bénéficier de soins, préfère laisser des bombes humaines en liberté, quand ce n’est pas carrément à la rue, une bonne partie étant sans domicile fixe. Cette politique menée sur le long terme est irresponsable et peut générer des agressions, voire, dans certains cas, des drames humains.

 

Nicolas Maxime


[1] Le Monde, Psychiatrie : un système de soins à bout de souffle, 7 septembre 2018 ;

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