Je n’ai pas de parcours universitaire classique, je suis autodidacte. Je suis devenu critique du néolibéralisme, de ses effets économiques, sociaux et culturels. Mes références actuelles sont Emmanuel Todd, René Girard, Jean-Claude Michéa, Dany-Robert Dufour, Bernard Friot, Frédéric Lordon, David Cayla, Coralie Delaume, David Graeber, Michel Feher, Naomi Klein...
En France, le gouvernement veut remettre le couvert avec une nouvelle réforme anti-chômeurs, inspirée des lois Hartz[1], visant à réduire la durée des indemnités chômage selon le taux de chômage. Si celui-ci passait en dessous de la barre des 6 %, la durée d’indemnisation pourrait être réduite de 40 %. À rebours de la France, le gouvernement allemand de Olaf Scholz a décidé d’entreprendre une réforme de l’assurance chômage visant à améliorer la situation des demandeurs d’emploi.
Les lois Hartz ont été instaurées par l’ancien chancelier Gerhard Schröder, également issu du SPD. Elles ont engendré des millions de travailleurs pauvres, mis sous pression et contraints d’accepter le premier emploi venu pour conserver leur allocation chômage. Le mini-job illustre cette nouvelle précarité : il s’agit d’un emploi à temps très partiel dont le revenu mensuel ne doit pas dépasser 520 euros, mais qui n’est soumis ni à des cotisations sociales payées par le salarié, ni même à l’impôt sur le revenu.
Le parti a récemment cherché à prendre ses distances avec ces réformes, désormais considérées comme trop néolibérales. Le SPD ne propose rien de révolutionnaire et ne remet pas entièrement en cause les lois Hartz, mais il a décidé d’augmenter les allocations chômage, de prolonger les durées d’indemnisation pour certains chômeurs et d’assouplir les conditions d’accès, notamment celles qui visent à exercer une pression permanente sur les demandeurs d’emploi.
Nicolas Maxime
[1] Les « lois Hartz » désignent un ensemble de quatre réformes du marché du travail mises en place en Allemagne entre 2003 et 2005 sous le gouvernement de Gerhard Schröder dans le cadre de son Agenda 2010. Ces lois visaient à renforcer les incitations au retour à l’emploi, à restructurer l’agence pour l’emploi allemande, à promouvoir des emplois à bas salaire (« mini-jobs ») et à durcir les conditions d’accès aux indemnités chômage, notamment par la réduction de la durée d’indemnisation et des sanctions accrues pour refus d’offres raisonnables. Les réformes Hartz ont donc profondément modifié l’assurance chômage et les obligations des demandeurs d’emploi, inspirant ultérieurement des débats sur des politiques d’activation dans d’autres pays.