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Je n’ai pas de parcours universitaire classique, je suis autodidacte. Je suis devenu critique du néolibéralisme, de ses effets économiques, sociaux et culturels. Mes références actuelles sont Emmanuel Todd, René Girard, Jean-Claude Michéa, Dany-Robert Dufour, Bernard Friot, Frédéric Lordon, David Cayla, Coralie Delaume, David Graeber, Michel Feher, Naomi Klein...

Gauche et droite : une opposition toujours pertinente à l’épreuve de l’économie

L’opposition entre la gauche et la droite a-t-elle encore un sens aujourd’hui ? Ça dépend ce qu’on entend aujourd’hui quand on évoque la gauche et la droite. Dans leurs définitions classiques, la gauche renvoie à la justice sociale, tandis que la droite se rattache davantage à l’ordre.

Historiquement, lors de la Révolution française, les députés siégeant à gauche défendaient la République, tandis que ceux placés à droite soutenaient la monarchie. Cette distinction s’est progressivement complexifiée avec l’émergence du socialisme. Les radicaux — initialement la frange la plus avancée des républicains — se sont déplacés de l’extrême gauche vers le centre, laissant la gauche aux socialistes. C’est véritablement à partir de l’affaire Dreyfus que s’est constituée la gauche moderne, autour d’une alliance entre républicains et socialistes, alliance qui a permis de nombreuses avancées sociales jusqu’au Conseil national de la Résistance.

Aujourd’hui, si l’opposition gauche-droite est analysée principalement à travers les questions sociétales, identitaires ou le rapport à la mondialisation, cette dichotomie tend à perdre en lisibilité. En revanche, elle retrouve toute sa pertinence lorsqu’elle est abordée sous l’angle économique et social.

L’examen des programmes économiques de La République En Marche, Les Républicains, Rassemblement National et Reconquête montre une forte récurrence de notions telles que la pression fiscale, souvent présentée comme un problème central. Les questions de pauvreté et de chômage y sont évoquées afin de dénoncer la situation de celles et ceux qui les subissent. Ces formations soutiennent majoritairement des politiques de l’offre, reposant sur la baisse de la fiscalité pour les ménages les plus aisés et les entreprises, ainsi que sur des augmentations de salaires indirectes via des exonérations de cotisations sociales.
À l’exception relative du Rassemblement national — qui entretient une ambiguïté en combinant baisses d’impôts et propositions comme la retraite à 60 ans —, ces partis sont globalement favorables à une réduction des dépenses publiques, notamment sociales, à la maîtrise stricte des déficits et à une répartition de la valeur ajoutée plus favorable au capital.

À l’inverse, les partis de gauche — La France Insoumise, Parti communiste français, Europe Écologie Les Verts et Parti socialiste — défendent majoritairement des politiques visant à réduire les inégalités sociales et la pauvreté, par l’augmentation des minima sociaux ou, pour certains, par l’éradication du sans-abrisme. Ils soutiennent une politique de la demande, fondée sur des investissements publics massifs, notamment dans la transition écologique, ainsi qu’une hausse des dépenses publiques en faveur des services publics et de la protection sociale. Tous se prononcent en faveur d’augmentations salariales, en particulier du SMIC, et du rétablissement de l’impôt de solidarité sur la fortune. Il convient toutefois de rappeler que le Parti socialiste et Europe Écologie Les Verts ont mené, lors de leurs passages au pouvoir, des politiques d’inspiration néolibérale, et que leurs engagements européens limitent la portée de leurs ambitions sociales.

Au-delà des clivages culturels ou identitaires, la distinction centrale entre gauche et droite sur le plan économique repose donc sur le rapport aux dépenses publiques et à la répartition de la valeur ajoutée. La gauche tend à privilégier l’augmentation des dépenses publiques et une redistribution en faveur du travail, tandis que la droite cherche à les réduire et à favoriser les détenteurs de capitaux par des baisses d’impôts et de cotisations, orientant la répartition de la valeur ajoutée vers le capital.

 

Nicolas Maxime

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