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Je n’ai pas de parcours universitaire classique, je suis autodidacte. Je suis devenu critique du néolibéralisme, de ses effets économiques, sociaux et culturels. Mes références actuelles sont Emmanuel Todd, René Girard, Jean-Claude Michéa, Dany-Robert Dufour, Bernard Friot, Frédéric Lordon, David Cayla, Coralie Delaume, David Graeber, Michel Feher, Naomi Klein...

Incitations fiscales : les fausses solutions de la politique de l’offre

L’analyse de départ de Patrick Artus, économiste néoclassique, est juste. La transformation de l’ISF en IFI et la flat tax sur les revenus du capital ont pour effet d’alimenter l’inflation des actifs, notamment dans l’immobilier.

Puis patatras, Artus propose de généraliser la participation par la distribution d’actions gratuites et de créer de nouvelles incitations fiscales pour susciter l’investissement privé.

La participation ne changerait rien à la répartition capital/travail. Pire, elle favorise la distribution de dividendes au détriment de l’augmentation des salaires. Cette politique néo-gaulliste est assez inégalitaire : la participation favorise essentiellement les salariés des grandes entreprises.

L’incitation fiscale à travers le crédit d’impôt recherche (CIR) a-t-elle permis de développer l’innovation en France ? Non. Son coût est de 6,5 milliards d’euros par an et le CIR profite essentiellement aux multinationales[1].

Les propositions de Patrick Artus relèvent des mêmes recettes néolibérales appliquées depuis quarante ans. Il s’agit d’une politique de l’offre, fondée sur l’idée que le secteur privé développerait des comportements vertueux par des incitations fiscales (comme l’investissement) ou par la distribution d’actions.

Voilà ce qui pourrait être préconisé comme alternatives : une augmentation généralisée des salaires et une véritable planification économique permettant à l’État de subventionner ou d’accorder des prêts à taux zéro à des entreprises en fonction de grands projets collectifs à mettre en œuvre (transition écologique, réindustrialisation).

 

Nicolas Maxime


[1] Ministère de l’Enseignement supérieur, de la Recherche et de l’Innovation, État de l’enseignement supérieur, de la recherche et de l’innovation en France, n°15-16, 2021-2022. Le montant du crédit d’impôt recherche s’élève à environ 6,5 milliards d’euros en 2020 pour les dépenses de recherche.

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