Je suis éducateur spécialisé depuis 2009. Je n’ai pas de parcours universitaire classique, je suis autodidacte. Je suis devenu profondément critique du néolibéralisme, de ses effets économiques, sociaux et culturels. Mes références actuelles sont Emmanuel Todd, Jean-Claude Michéa, Bernard Friot, Frédéric Lordon, David Cayla, Coralie Delaume, David Graeber, Naomi Klein...
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Maeva Ghennam à Dubai : la France, protège-nous, je me suis fait dessus
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N’y a-t-il pas ironie plus révélatrice que celle de ces influenceuses et influenceurs expatriés à Dubaï qui pleurnichent pour rentrer en France au cas où ça tournerait mal ?
Hier encore, ils vantaient à grand renfort de filtres Instagram et de contenus YouTube le paradis fiscal et le cadre sécuritaire de l'émirat, en critiquant la France. Mais comme la cité-État tremble désormais sous les bombardements iraniens, ces citoyens du monde demandent à être protégés par une République qu'ils avaient pourtant désertée.
Après avoir fui les devoirs du citoyen (notamment l'impôt), ces expatriés de luxe n'hésitent pas à clamer : « On est Français, la France protégez-nous ! » et à exhiber leur passeport dès que l'insécurité réelle frappe à leur porte.
Lasch analysait déjà cette tendance de l'individu moderne à se replier sur son "moi" et sa survie immédiate[1]. Ici, l'ironie est double : on quitte la France pour ne plus payer pour les autres, mais on exige que les autres (les contribuables) assurent votre évacuation en cas de guerre.
Cette scène pourrait illustrer à elle seule les analyses de Christopher Lasch dans La révolte des élites[2]. Nous assistons à l'émergence d'une classe d'individus qui se sont affranchis de toute appartenance nationale pour ne poursuivre que leur intérêt narcissique. Pour eux, la Nation n'est plus une communauté de destin, mais un prestataire de services.
Nicolas Maxime