Je n’ai pas de parcours universitaire classique, je suis autodidacte. Je suis devenu critique du néolibéralisme, de ses effets économiques, sociaux et culturels. Mes références actuelles sont Emmanuel Todd, René Girard, Jean-Claude Michéa, Dany-Robert Dufour, Bernard Friot, Frédéric Lordon, David Cayla, Coralie Delaume, David Graeber, Michel Feher, Naomi Klein...
L’enjeu n’est pas de s’en prendre gratuitement à la NUPES pour le principe. Il s’agit plutôt de dresser un constat politique. Mis à part quelques rares exceptions comme François Ruffin, Rachel Kéké ou Éric Coquerel — ce dernier faisant le job à la présidence de la commission des Finances — une bonne partie des députés NUPES semblent être à côté de la plaque, pour ne pas dire complètement nuls.
Faire de l’obstruction parlementaire ou hurler à l’Assemblée Nationale ne permet pas de construire une opposition. A quoi ça sert de gueuler sans arrêt contre le gouvernement si on n’est pas capable de voter les motions de censure, y compris lorsqu’elles sont déposées par le Rassemblement National ? Le refus systématique de voter ces motions fragilise la lisibilité de l’opposition face au gouvernement.
Par ailleurs, les polémiques récurrentes — qu’il s’agisse des prises de position de Sandrine Rousseau, des débats autour de la valeur travail impliquant François Ruffin ou Fabien Roussel, des affaires Adrien Quatennens et Julien Bayou, ou les participations à des émissions débiles, contribuent à décrédibiliser la NUPES. Ces séquences médiatiques détournent l’attention des enjeux sociaux et alimentent un sentiment de désorganisation.
Sur le fond, la NUPES apparaît également décevante sur les questions sociales majeures. La réforme récente de l’assurance chômage, pourtant centrale par ses effets sociaux, n’a pas donné lieu à une mobilisation politique soutenue et constante, alors qu’elle aurait pu constituer un axe structurant de l’opposition. Faute d’un investissement durable sur ces sujets, la coalition semble se replier sur les questions sociétales, où son influence médiatique demeure plus forte, mais au prix d’un éloignement des préoccupations matérielles d’une partie de l’électorat populaire.
Enfin, l’alliance entre La France Insoumise, le Parti communiste français, Europe Écologie Les Verts et le Parti socialiste n’a pas permis de trancher des désaccords de fond, notamment sur la question européenne. Ainsi, se pose la question suivante : comment gouverner avec une coalition dont une partie refuse toute forme de désobéissance aux traités européens, tandis qu’une autre en fait un axe central de son programme ?
Nicolas Maxime