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Je n’ai pas de parcours universitaire classique, je suis autodidacte. Je suis devenu critique du néolibéralisme, de ses effets économiques, sociaux et culturels. Mes références actuelles sont Emmanuel Todd, René Girard, Jean-Claude Michéa, Dany-Robert Dufour, Bernard Friot, Frédéric Lordon, David Cayla, Coralie Delaume, David Graeber, Michel Feher, Naomi Klein...

Aides ciblées ou universalité : deux conceptions opposées de la protection sociale

Voilà l’exemple type de politiques sociales mises en place par un gouvernement néolibéral. On met en place un chèque destiné aux plus pauvres, comme on donne une aumône, puisqu’il ne s’agit que de 100 euros par an — insuffisant pour se nourrir correctement sur une année. On s’arrange pour que cette aide ne soit perçue que par les ménages bénéficiaires de minima sociaux afin de les stigmatiser davantage — les « assistés » —, de mettre en colère les travailleurs précaires au SMIC et ainsi de provoquer des tensions au sein des classes populaires.
Rappelons que c’était Milton Friedman qui soutenait le revenu minimum et l’impôt négatif pour les plus pauvres[1].

Qu’est-ce qu’il faudrait faire à la place ? Il faut viser l’universalité. La Sécurité sociale, comme les services publics, s’adresse à tous, pauvres comme riches. Si demain on veut verser 150 euros pour acheter des produits alimentaires frais et locaux, il faut que tout le monde le perçoive, à la manière des allocations familiales, pour se diriger vers une Sécurité sociale de l’alimentation.

 

Nicolas Maxime


[1] Milton Friedman, Capitalisme et liberté, University of Chicago Press, 1962.

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