Je n’ai pas de parcours universitaire classique, je suis autodidacte. Je suis devenu critique du néolibéralisme, de ses effets économiques, sociaux et culturels. Mes références actuelles sont Emmanuel Todd, René Girard, Jean-Claude Michéa, Dany-Robert Dufour, Bernard Friot, Frédéric Lordon, David Cayla, Coralie Delaume, David Graeber, Michel Feher, Naomi Klein...
Zemmour aurait déclaré que les classes populaires sont analphabètes. Une déclaration qui ne surprend pas ceux qui avaient déjà alerté sur son mépris de classe. Derrière les discours prétendant défendre le peuple apparaît une vision méprisante de celles et ceux qu’il prétend pourtant représenter.
Il faut rappeler à ce grand bourgeois ce que dit Emmanuel Todd à propos de sa caste : ce sont des « crétins diplômés » qui se croient supérieurs aux autres[1]. Une formule qui vise ces élites convaincues que les titres, les diplômes et les parcours prestigieux suffisent à établir une hiérarchie entre les individus.
La réalité est pourtant tout autre : il existe des personnes issues des classes populaires bien plus intelligentes et bien plus cultivées que des bourgeois bardés de diplômes. L’intelligence, la curiosité, la réflexion et la culture ne sont pas la propriété d’une classe sociale. Aucun diplôme ne donne le monopole du bon sens, de l’analyse ou de la connaissance du monde réel.
N’importe qui a pu le constater au moment des Gilets Jaunes avec Jérôme Rodrigues, Éric Drouet ou Ingrid Levavasseur, qui étaient tous issus des classes populaires. Qu’on partage ou non leurs positions, ils ont démontré une capacité à s’exprimer, à argumenter et à porter un débat public que certains milieux avaient tendance à leur refuser.
Le mépris de classe repose sur une illusion : croire que certains seraient naturellement supérieurs parce qu’ils appartiennent aux catégories sociales favorisées. Comme si la naissance, le milieu ou les diplômes donnaient une intelligence supplémentaire. C’est précisément cette arrogance qui nourrit le rejet d’une partie des élites.
Les classes populaires ne sont ni ignorantes, ni incapables, ni condamnées au silence. Elles possèdent une expérience, une culture et une intelligence forgées par la vie réelle. Ceux qui les méprisent oublient souvent que la valeur d’un individu ne se mesure pas à son origine sociale, mais à sa capacité à comprendre, réfléchir et agir.
Nicolas Maxime
[1] Emmanuel Todd, entretien dans Marianne, « En bas l’intelligence progresse, tout comme le taux de crétins diplômés en haut », 27 août 2020.