Je n’ai pas de parcours universitaire classique, je suis autodidacte. Je suis devenu critique du néolibéralisme, de ses effets économiques, sociaux et culturels. Mes références actuelles sont Emmanuel Todd, René Girard, Jean-Claude Michéa, Dany-Robert Dufour, Bernard Friot, Frédéric Lordon, David Cayla, Coralie Delaume, David Graeber, Michel Feher, Naomi Klein...
Les États Unis sont au bord de l’implosion. Si Donald Trump en porte la responsabilité, il serait aberrant d’éluder les véritables raisons de la colère. Les causes sont connues : l’accession au pouvoir de Ronald Reagan en 1980, sa politique de désindustrialisation massive, la dérégulation des marchés financiers, les baisses d’impôts massives en faveur des plus aisés et la baisse des dépenses fédérales qui ont abouti à la paupérisation de tous les États du Midwest et du South. Les démocrates Clinton et Obama ont continué et consolidé cette politique, amenant à la colère des rednecks, colère à laquelle Donald Trump a trouvé un écho. Ce n’est donc pas de la seule responsabilité de Trump mais bien de tous les gouvernements américains depuis Reagan.
Le problème de ce qui s’est produit au Capitole vient d’une absence de modèle politique, économique et social face au néolibéralisme triomphant. Margaret Thatcher a bien dit « There is no alternative »[1] et cela s’est produit. Le communisme soviétique ou maoïste bien qu’il fût une idéologie à combattre pour sa radicalité dangereuse a permis d’instaurer un équilibre, le capitalisme libéral devant ainsi s’adapter d’où la mise en place de la Sécurité Sociale et du droit du travail. Mais malheureusement, depuis les années 80, tout semble bloqué, plus de progrès social, voire même une régression dans certains pays et une hausse inégalée des inégalités dans tous les pays riches, un sentiment d’abandon partagé par toutes les classes moyennes et des hommes politiques qui ne trouvent aucune réponse aux crises mis à part quelques placebos.
Ainsi, faute de perspectives politiques claires, l’attaque du Capitole illustre la manière dont la colère sociale peut trouver des formes d’expression parfois violentes. Tant qu’un modèle économique et social capable de répondre aux aspirations démocratiques, à la justice sociale et à la souveraineté populaire ne sera pas proposé, ces tensions pourraient persister, voire s’intensifier à l’avenir, voire nous amener au conflit.
Nicolas Maxime
[1] Discours lors de la Conférence du Parti Conservateur, Brighton, 10 octobre 1980. C’est ici qu’elle martèle sa conviction qu’il n’existe aucune alternative au libéralisme économique (« There is no alternative »), slogan qui deviendra l'acronyme TINA.