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Je n’ai pas de parcours universitaire classique, je suis autodidacte. Je suis devenu critique du néolibéralisme, de ses effets économiques, sociaux et culturels. Mes références actuelles sont Emmanuel Todd, René Girard, Jean-Claude Michéa, Dany-Robert Dufour, Bernard Friot, Frédéric Lordon, David Cayla, Coralie Delaume, David Graeber, Michel Feher, Naomi Klein...

Barrages, fronts et fusions : la politique version castors et Dragon Ball Z

À Paris, l’ex-favori PS a refusé de fusionner sa liste avec celle de LFI, tandis que Rachida Dati s’est unie avec le centre, et Sarah Knafo s’est désistée pour faire gagner la droite.

Dans la ville phocéenne, Sébastien Delogu s’est également retiré après que Benoît Payan ait refusé une fusion pour établir un barrage contre le RN.

À Strasbourg, l’ancienne maire Catherine Trautmann s’allie au centre droit pour faire barrage aux Verts, qui eux-mêmes se rassemblent avec LFI pour lui barrer la route.

À Toulouse, les listes LFI et PS s’unissent pour créer un barrage contre le maire sortant.

À Lille, les écologistes ont rejoint le PS pour s’opposer à LFI, alors même qu’une partie de leurs membres préférait une alliance avec ces derniers.

À Toulon, la liste LR s’est désistée et un front républicain se dresse contre le RN.

Même à Roubaix, il y a eu une tentative de cordon sanitaire face au candidat LFI David Guiraud.

L’entre-deux tours se résume désormais à barrages, fronts républicains, fusions, cordons sanitaires, et ce même dans les petites et moyennes communes.

Partout, les mêmes stratégies de politique politicienne se répètent et se contredisent. Ici, on refuse une fusion au nom de la clarté politique ; là, on s’unit sans cohérence idéologique au nom de l’urgence. Dans une ville, on invoque le barrage ; dans une autre, on le rejette. Les alliances deviennent opportunistes, ajustées à la minute, sans ligne directrice lisible.

À force de multiplier les barrages, on a l’impression que la vie politique est gérée par une colonie de castors[1], tandis que certaines fusions ressemblent à des transformations ratées façon Dragon Ball Z[2].

 

Steve from Washington, DC, USA, Creative Commons Attribution-Share Alike 2.0, July 4, 2008

Ce spectacle donne le sentiment d’une politique hors sol, où les électeurs ne sont plus que des variables d’ajustement entre deux tours. Le vote du premier tour, censé exprimer une préférence politique, est redirigé et parfois contredit par des accords d’appareils conclus dans l’urgence.

Comment motiver des électeurs à aller voter avec de telles magouilles et stratégies politiques hors sol ?

 

Nicolas Maxime


[1] Expression employée dans le discours politique français pour désigner des électrices et électeurs qui votent au second tour afin de faire barrage au RN ou à LFI, souvent en fonction des alliances locales et sans référence à une ligne politique cohérente.

[2] Dragon Ball Z est une série télévisée d’animation japonaise adaptée du manga d’Akira Toriyama, produite par Toei Animation, diffusée à l’origine au Japon du 26 avril 1989 au 31 janvier 1996 (291 épisodes), célèbre pour ses transformations et fusions spectaculaires des personnages principaux.

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