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Je n’ai pas de parcours universitaire classique, je suis autodidacte. Je suis devenu critique du néolibéralisme, de ses effets économiques, sociaux et culturels. Mes références actuelles sont Emmanuel Todd, René Girard, Jean-Claude Michéa, Dany-Robert Dufour, Bernard Friot, Frédéric Lordon, David Cayla, Coralie Delaume, David Graeber, Michel Feher, Naomi Klein...

Désindustrialisation française et contraintes du marché unique européen

Arnaud Montebourg a rappelé la trajectoire de désindustrialisation suivie par la France depuis environ deux décennies. Plusieurs groupes industriels majeurs, porteurs de savoir-faire stratégiques, ont été démantelés, cédés ou absorbés : Pechiney, Arcelor, Alcatel, Rhône-Poulenc, Alstom, Technip, Lafarge ou encore Essilor. Cela a entraîné une baisse de la production, des savoir-faire industriels et de l’autonomie technologique.

Cette évolution ne peut être expliquée par la seule mondialisation. Elle renvoie aussi au cadre institutionnel dans lequel s’inscrivent les politiques économiques nationales. Les règles de concurrence et de libre circulation imposées par le marché unique européen limitent fortement les marges de manœuvre des États en matière de politique industrielle, d’aides publiques et de protection des secteurs stratégiques. Le projet dit « Hercule », visant à réorganiser et à démanteler partiellement EDF, illustre ces contraintes, la Commission européenne demandant une mise en conformité avec les règles de concurrence[1].

Ainsi, les appels politiques à la souveraineté économique et à la réindustrialisation se heurtent à certains obstacles. Tant que la France demeure intégrée au marché unique tel qu’il est actuellement conçu, la mise en œuvre d’une politique industrielle nationale cohérente, protectrice et planifiée apparaît fortement restreinte, voire impossible sans remise en cause des traités européens existants.

 

Nicolas Maxime


[1] La Commission Européenne envisage, avec le projet Hercule, de découper EDF en trois entités : un EDF bleu pour les centrales nucléaires et le réseau de transport, un autre EDF vert réunissant les activités commerciales, la distribution d'électricité et les énergies renouvelables, cotée en Bourse et permettant d'attirer des investisseurs pour développer l'éolien et le solaire, un EDF azur pour les barrages hydroélectriques.

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