Je n’ai pas de parcours universitaire classique, je suis autodidacte. Je suis devenu critique du néolibéralisme, de ses effets économiques, sociaux et culturels. Mes références actuelles sont Emmanuel Todd, René Girard, Jean-Claude Michéa, Dany-Robert Dufour, Bernard Friot, Frédéric Lordon, David Cayla, Coralie Delaume, David Graeber, Michel Feher, Naomi Klein...
Voilà ce qu’est le DOGE, cette commission à « l’efficacité gouvernementale » confiée à Elon Musk : non pas un outil de simplification de l’action publique, mais une machine à purger les fonctionnaires, à saboter les services publics pour mieux les livrer au privé.
On en voit déjà les effets concrets : près de 4 000 licenciements en quelques jours dans les parcs nationaux et les forêts publiques[1]. Moins d’entretien des sentiers, moins de protection des espaces naturels, des infrastructures à l’abandon, et à terme, la privatisation comme seule « solution ». À mesure que les moyens humains disparaissent, la dégradation devient inévitable — et elle sert ensuite d’argument pour justifier l’ouverture au marché.
Ce mécanisme est bien connu : on affaiblit volontairement un service public, on organise sa perte d’efficacité, puis on présente le secteur privé comme plus performant. C’est une stratégie de démantèlement par étapes, qui ne dit pas son nom mais dont les effets sont parfaitement lisibles. Derrière le discours de « rationalisation », il s’agit en réalité d’un transfert de ressources, de compétences et de missions vers des acteurs privés.
C’est ainsi que fonctionne le démantèlement méthodique de l’État sous prétexte d’« efficacité ». Et dire qu’il y en a encore pour applaudir ce processus en criant « Vive le DOGE »… sans voir qu’il prépare, à terme, la disparition de ce qui relève du bien commun.
Nicolas Maxime
[1] Agence France-Presse, Plus personne pour protéger ces terres : aux États-Unis, le désarroi des employés des parcs nationaux, 23 février 2025.