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Je n’ai pas de parcours universitaire classique, je suis autodidacte. Je suis devenu critique du néolibéralisme, de ses effets économiques, sociaux et culturels. Mes références actuelles sont Emmanuel Todd, René Girard, Jean-Claude Michéa, Dany-Robert Dufour, Bernard Friot, Frédéric Lordon, David Cayla, Coralie Delaume, David Graeber, Michel Feher, Naomi Klein...

Euthanasie et personnes vulnérables : les dérives observées à l’étranger

Avant-propos : en postant ici cet article, je me doute que certains de mes contacts vont me traiter de catholique conservateur, ou pire, de réactionnaire. Je m'en contrefiche.

Je suis convaincu que l’aide active à mourir — qu’il s’agisse de l’euthanasie ou du suicide assisté — constitue l’aboutissement d’un néolibéralisme désormais aussi culturel. Un néolibéralisme qui, sous couvert de liberté individuelle et de rationalité budgétaire, en vient à considérer que certaines vies valent moins que d’autres, et que la disparition des plus fragiles peut devenir une solution acceptable.

De la même manière que certaines politiques ultra-sécuritaire comme l’enfermement massif de jeunes au Salvador ou que les politiques de conditionnement et de stigmatisation autour du RSA, on retrouve une même logique : gérer les problèmes sociaux en écartant, contrôlant ou culpabilisant les plus vulnérables, plutôt qu’en s’attaquant aux causes.

Dans ce cadre, légaliser l’aide à mourir risque de ne pas être un "progrès" social, mais un renoncement collectif. Celui de construire une société réellement solidaire, capable d’accompagner la souffrance, la dépendance et la fin de vie sans transformer la mort en solution.

La vraie question n’est pas : “faut-il autoriser l’aide à mourir ?”

Mais plutôt : “dans quel type de société cette demande émerge-t-elle, et pourquoi ?”

Que Noelia repose en paix.

 

Le cas de Noelia Castillo Ramos, ainsi que les extensions observées à l’étranger, révèlent les dérives possibles de l’aide à mourir. Le libre choix devient ainsi une contrainte pour les plus fragiles, faute de soutien et d’accompagnement.

Le 26 mars 2026, un évènement a secoué l’Espagne : l’euthanasie de la jeune Noelia Castillo Ramos, à peine âgée de 25 ans. Noelia souffrait depuis l'âge de 13 ans de troubles psychiatriques graves puis a ensuite été victime de deux agressions sexuelles. En octobre 2022, à la suite de ces traumatismes, elle a tenté de mettre fin à ses jours en sautant d'un immeuble. Elle est devenue paraplégique et souffrait de douleurs chroniques.

Pendant deux ans, son père a tenté d’empêcher l’euthanasie de sa fille, arguant que celle-ci ne disposait pas de son discernement en raison de sa fragilité psychologique. La justice a finalement estimé que Noelia était capable de décider et que ses souffrances physiques et psychiques étaient irréversibles.

Au-delà du cas tragique de Noelia, on s’aperçoit que l’euthanasie a été introduit dans les législations de différents pays comme un recours exceptionnel pour abréger les souffrances des malades incurables en phase terminale, mais que ce cadre tend aujourd’hui à s’élargir bien au-delà de son intention initiale.

Au Canada, l’accès à l’aide médicale à mourir a été récemment élargie à des personnes ne se trouvant pas en fin de vie[1]. En Belgique et aux Pays-Bas, l'euthanasie est pratiquée pour des dépressions sévères, des troubles bipolaires ou des TOC, dès lors qu'ils sont jugés « sans issue ».  Des cas ont été documentés où des personnes ont évoqué des facteurs tels que le manque de moyens financiers, l’absence de logement adapté ou l’insuffisance des soins à domicile dans leur demande.

On ne cesse d’évoquer l’extension de ce « droit », au Canada, pour les personnes atteintes de troubles psychiatriques, et aux Pays-Bas, pour des personnes âgées, sans être atteintes de maladie grave. A l’heure où l’on débat de son application en France, on peut se demander quelle serait la limite à cet acte et surtout la population visée : personnes souffrant de troubles psychiques, dépression, personnes en situation de handicap...

Au nom de la « sacro-sainte » liberté de disposer de son corps, érigée en principe absolu, nous laissons les plus fragiles seuls face à leur détresse psychologique. Au lieu d'accompagner ces personnes en situation de vulnérabilité pour les aider à s'en sortir, notre société semble désormais préférer imposer une issue léthale.

Face à la nouvelle « folie » du libéralisme culturel, il est urgent de s’opposer à la mise en œuvre de l’aide active à mourir, présentée comme un progrès alors qu’il s’agit d’une régression, afin de protéger les plus fragiles d’une situation où le « libre choix » se transforme en une forme de contrainte à mourir, comme le montrent les exemples de l’étranger.

 

Nicolas Maxime


[1] La loi C‑7, adoptée au Canada en 2021, a modifié la législation sur l’aide médicale à mourir en supprimant le critère de « mort raisonnablement prévisible ».

Article paru dans la revue Royaliste N°1322

Article paru dans la revue Royaliste N°1322

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