Je n’ai pas de parcours universitaire classique, je suis autodidacte. Je suis devenu critique du néolibéralisme, de ses effets économiques, sociaux et culturels. Mes références actuelles sont Emmanuel Todd, René Girard, Jean-Claude Michéa, Dany-Robert Dufour, Bernard Friot, Frédéric Lordon, David Cayla, Coralie Delaume, David Graeber, Michel Feher, Naomi Klein...
Lionel Jospin, ce fut à la fois les dernières grandes lois sociales comme les 35 heures et la CMU, mais ce fut aussi les privatisations de France Télécom, Air France et l'ouverture au capital des autoroutes la loi LOLF qui a imposé l'obligation de résultats au lieu des moyens et la loi Aubry avec ses exonérations de cotisations patronales.
Mais Jospin, ce fut surtout la continuité des politiques européennes dont le traité d'Amsterdam et le traité de Nice qui ont poursuivi l’intégration économique et institutionnelle de l’Union européenne, dans un cadre de plus en plus contraint pour les politiques nationales, continuant ainsi le travail de sape de perte de souveraineté de la France.
Jospin, ce fut un Michel Rocard bis qui a tenté la synthèse entre la vieille gauche sociale et le social-libéralisme, dans un contexte marqué par la mondialisation et la construction européenne. Cette tentative d’équilibre s’est traduite par une politique soi-disant pragmatique mais également contradictoire, cherchant à concilier redistribution sociale et adaptation à l’économie de marché.
On peut au moins lui laisser gré d’avoir résisté au blairisme, et de ne pas avoir engagé une transformation aussi brutale du modèle social français que celle observée au Royaume-Uni. Il n’a pas non plus assumé une rupture totale avec l’héritage de la gauche sociale, ce qui le distingue de nombre de ses successeurs. Ce fut aussi un homme politique dont l’action s’inscrit dans une période charnière de bascule vers un néolibéralisme plus autoritaire comme ça l'a été par la suite avec Sarkozy, Hollande et Macron.
Ce fut enfin, pour beaucoup, le dernier homme politique d’envergure, sérieux et intègre, quoi qu’on pense de ses orientations et de ses erreurs, notamment son incapacité à résister aux transformations qu’il accompagnait lui-même.
Nicolas Maxime