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Je n’ai pas de parcours universitaire classique, je suis autodidacte. Je suis devenu critique du néolibéralisme, de ses effets économiques, sociaux et culturels. Mes références actuelles sont Emmanuel Todd, René Girard, Jean-Claude Michéa, Dany-Robert Dufour, Bernard Friot, Frédéric Lordon, David Cayla, Coralie Delaume, David Graeber, Michel Feher, Naomi Klein...

Quand la rivalité mimétique mène à la mort

Quentin, 23 ans, membre du collectif Nemesis, un mouvement féministe identitaire, est mort, après avoir été tabassé en marge d'une manifestation contre la venue de Rima Hassan à Sciences Po Lyon.

Rien ne valide mieux la théorie de René Girard sur la rivalité mimétique que ce passage à tabac tragique qui permet de comprendre que l'adversaire n'est plus un opposant d'idées, mais un double monstrueux qu'il faut détruire[1].

René Girard, intervention lors du colloque End of War and Terrorism, Paris, 26 novembre 2007, photographie en domaine public (Vicq).

On assiste désormais au passage à une polarisation extrême entre deux camps qui veulent incarner le Bien, comme aux États-Unis, où le débat politique s'efface devant l'affrontement physique. Chaque camp imite les méthodes de l'autre, les antifascistes se mettent à user de la violence des fascistes, les identitaires deviennent des victimes et se mettent à leur tour à dégrader les locaux de La France Insoumise.

Chacun devient le bouc émissaire de l'autre et la violence devient le seul langage commun. Pouvons-nous sortir de cette boucle infernale ou sommes-nous condamnés à la guerre civile ?

 

Nicolas Maxime


[1] René Girard, La Violence et le sacré, Grasset, 1972 ; Le Bouc émissaire, Grasset,1982.

 

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