Je n’ai pas de parcours universitaire classique, je suis autodidacte. Je suis devenu critique du néolibéralisme, de ses effets économiques, sociaux et culturels. Mes références actuelles sont Emmanuel Todd, René Girard, Jean-Claude Michéa, Dany-Robert Dufour, Bernard Friot, Frédéric Lordon, David Cayla, Coralie Delaume, David Graeber, Michel Feher, Naomi Klein...
C’est totalement faux d’affirmer que l’électorat de Jean-Luc Mélenchon ou de Fabien Roussel serait composé exclusivement de classes moyennes supérieures.
À l’inverse, l’électorat de Jean-Luc Mélenchon est largement constitué de travailleurs sociaux, de soignants — dont les salaires sont loin d’être mirobolants —, mais aussi de chômeurs, de bénéficiaires des minima sociaux et d’étudiants.
De son côté, Marine Le Pen mobilise davantage l’électorat populaire des zones périphériques et rurales, c’est-à-dire principalement les ouvriers, les employés du commerce et de la grande distribution ou encore les agriculteurs.
Il existe bien sûr des bourgeois dans les deux électorats, mais celui de Mélenchon est majoritairement composé de classes populaires. Des analyses électorales détaillées l’ont déjà montré[1]. On peut éventuellement avancer que l’électorat de Mélenchon est plus diplômé que celui de Le Pen ; en revanche, en termes de revenus, les deux électorats se situent globalement sur la même échelle.
À moins de considérer qu’un moniteur éducateur ou un aide-soignant rémunéré 1 350 euros par mois fasse partie des catégories aisées, l’électorat de Mélenchon est tout sauf bourgeois.
Nicolas Maxime
[1] Ipsos, Sociologie des électorats – 1er tour de l’élection présidentielle 2017, 23 avril 2017.