Je n’ai pas de parcours universitaire classique, je suis autodidacte. Je suis devenu critique du néolibéralisme, de ses effets économiques, sociaux et culturels. Mes références actuelles sont Emmanuel Todd, René Girard, Jean-Claude Michéa, Dany-Robert Dufour, Bernard Friot, Frédéric Lordon, David Cayla, Coralie Delaume, David Graeber, Michel Feher, Naomi Klein...
Charles Gave, pur produit de la rente, s’offre une sortie médiatique où il traite les fonctionnaires de « rentiers », ce qui comprend aussi bien les infirmières, que les hauts fonctionnaires, les opposant à une figure mythifiée de l’entrepreneur. Mais ne nous y trompons pas : il ne parle pas du boulanger qui se lève à quatre heures du matin, mais bien d’une élite financière privilégiée et déconnectée des réalités.
La conclusion de son analyse est d’un cynisme absolu. Après avoir dépeint une France « soviétisée » et à l’agonie, il conseille de placer son épargne « en lieu sûr » — ce qui, dans les faits, revient à organiser une forme de sortie des capitaux.
Et le pire, c'est que ce discours séduit. On voit déjà les pseudo-souverainistes et les adeptes de la « dissidence » applaudir des deux mains, croyant tenir là un grand rebelle antisystème. Ils ne réalisent pas qu'ils acclament un homme qui leur suggère simplement d’abandonner le navire national et de sécuriser leurs propres billes. Un comble pour des patriotes.
C'est la démonstration parfaite de la rhétorique des libertariens ou le maniement pervers du langage : un discours qui inverse les responsabilités en transformant les travailleurs du service public en « poids » et l'évasion fiscale en « prudence ».
Nicolas Maxime